Des objectifs de rendement d’équipe pour aider le tiers faible

Des enseignants du Collège Sainte-Anne partagent leurs stratégies gagnantes afin de soutenir leurs élèves dits « du tiers faible », sans pour autant baisser leurs attentes envers les autres. Aujourd’hui, on découvre la stratégie de Marie-Hélène Simard, enseignante de mathématique en 5e secondaire.

Trouver Marie-Hélène Simard au milieu de ses élèves peut s'avérer difficile. Cette enseignante de mathématiques de 5e secondaire, adepte de la pédagogie active, a adopté un modèle de classe en atelier dès son arrivée au Collège après 9 ans comme enseignante pour le Cirque du Soleil. Aussi, au lieu de servir des routines et des recettes aux élèves, elle s'investit à plein dans les tâches, à leur hauteur, pour qu'ils développent leur compréhension de sa matière.

L'an dernier, Mme Simard prenait part à l’un de nos apéros pédagogiques, pendant lequel nous relancions une démarche d'entraide entre les élèves qu'on retrouvait en conclusion de l'article d'Allison King de 1993 au titre célèbre, From Sage on the Stage to Guide on the Side. Selon la chercheuse, « une amélioration des résultats semble se produire surtout quand un introduit une sorte d'objectif d'équipe tout en conservant une évaluation individuelle » (traduction libre). Mme Simard s'est approprié cette méthode, choisissant de rajouter aux élèves un point boni si l'objectif de chaque coéquipier se voit atteint. « Les faibles sont responsables de la note de groupe et le groupe le sait, ça. Et ce ne sont pas nécessairement les forts qui ressortent. Ça valorise énormément les plus faibles dans ce temps-là », affirme-t-elle.

 

Les principes de la stratégie :

  • Lancer des défis aux élèves.
  • L'élève se fixe un objectif de rendement individuel et le partage avec son équipe et l'enseignant(e).
  • L'entraide et l'interdépendance deviennent indispensables pour l'atteinte de l'objectif de tous.
  • Les élèves bénéficient d'explications élaborées de leurs pairs.
  • L'enseignement que fait l’élève à ses pairs améliore sa propre compréhension.
  • Une conséquence positive ou négative est instaurée selon le système de l'enseignant(e) : pour Marie-Hélène Simard, c’est un point boni. Un autre enseignant pourrait plutôt demander aux élèves dont les collègues ont manqué leur objectif d'enregistrer une capsule de remédiation qui servirait aux apprenants de l'année prochaine, par exemple.

 

Plus-value pour le tiers faible :

  • Développement d'attitudes prosociales (confiance, engagement, etc.) entre les élèves.
  • L'envie de persévérer quand les explications viennent de leurs amis.
  • L'occasion pour les élèves moins forts, mais habiles communicateurs, de se réaliser.
  • Nette progression dans les résultats : jusqu'à 10 points pour l'expérimentation de Mme Simard.

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par Jean Desjardins et Isabelle Senécal, Collège Sainte-Anne
(via L'École branchée)