Échouer pour apprendre à réussir

Chacun a une histoire qui lui est propre. Chacun d’entre nous a hérité d’une histoire unique, façonnée par les vies des innombrables ancêtres qui nous ont précédés. Cette histoire est un prisme unique et important à travers lequel nous explorons, découvrons et comprenons le monde; elle constitue notre point de vue personnel.

Dans le monde de l’éducation, ce point de vue personnel est trop souvent sacrifié au profit des normes et de l’unité de la pensée.

Jeune fille aux yeux fermés qui rêves à des fleurs qui s'envolent
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Notre histoire, ancrée dans les réalités qui nous ont été léguées, est notre guide à partir

duquel nos rêves et nos désirs prennent forme. Nous sommes le personnage principal d’une aventure dont nous sommes le héros. Lorsque nous en prenons conscience, nous devenons les moteurs du changement et pouvons ainsi réaliser nos rêves. Traditionnellement, le modèle d’éducation n’est pas conçu pour soutenir les individus dans leur unicité et les rêves de chacun.

Comme le témoigne le débat qui a cours actuellement sur la normalisation et la personnalisation, ces deux notions s’opposent. Comment pouvons-nous permettre à l’inclination particulière à chaque génie de se manifester et par la même occasion préparer la prochaine génération à travailler en collaboration? Comment pouvons-nous fonctionner en cohésion sans une base de connaissance commune?

Bienvenue dans le monde de l’apprentissage au XXIe siècle. Les éducateurs d’aujourd’hui se montrent ouverts au nouveau chapitre de l’éducation. Avec la venue d’Internet, la mémorisation et la rétention de faits perdent de leur importance. L’information est créée à un rythme exponentiel, et plus nous en produisons, plus elle tend à perdre en crédibilité.

Des morceaux de puzzle assemblés
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Notre paysage médiatique fragmenté fait entendre de nombreuses voix, ayant chacune une histoire façonnée de façon unique. Comment pouvons-nous discerner les histoires vraies? La solution est d’enseigner des compétences qui ne seront jamais obsolètes. Les éducateurs trouvent de nouvelles façons d’encourager l’apprentissage axé sur les solutions, en amenant par exemple les apprenants à développer une pensée critique ou leur capacité à résoudre des problèmes. Auparavant gardiens des clés du savoir, les enseignants entrent dans une nouvelle ère et deviennent des maîtres apprenants pour leurs élèves. Lorsque nous apprenons à détecter les failles dans les histoires qui nous sont racontées, nous créons un espace qui permet à nos propres points de vue et idées de se manifester.

Un apprentissage conçu pour faire connaître l’échec de façon répétée produit une génération de personnes qui savent affronter l’échec. Quand les enseignants inspirent le courage et la résilience, les apprenants oublient leur peur de l’échec et adoptent la devise : « J’ai échoué, donc j’ai essayé. » La résilience, ou la volonté d’essayer et d’essayer encore, est à la base de l’apprentissage au XXIe siècle. Être prêt à se tromper est la clé pour réussir. La réussite est une bulle, dont l’éclatement est inévitable. Si vous réussissez du premier coup, vous ne regarderez jamais en arrière et ne remettrez jamais votre cheminement en question. Si vous vous trompez, vous vous remettez au travail et examinez vos erreurs. Ce faisant, vous apprenez davantage que vous l’auriez imaginé. Lorsque nous apprenons à tirer parti de notre propre histoire et à embrasser l’échec, nous découvrons que la résilience, la pensée critique et la persévérance portent leurs fruits. Une fois ces compétences acquises, nous pouvons poursuivre notre apprentissage aux limites de l’inconnu.

Chacun de nous détient une pièce de casse-tête unique. Quand nous apprenons à nous entraider pour trouver la place qui revient à chacun, nos pièces s’assemblent d’elles-mêmes. Et lorsque nous parvenons à trouver notre propre place, le portrait d’ensemble se dresse enfin.

La conférence Les Tablettistes se tiendra le 6 janvier 2017 à Ottawa.
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Par Jesse Sharratt, chef de projet, Les Tablettistes