Pour une classe plus flexible

Pour repenser l’organisation physique des classes afin de mieux rencontrer les besoins des élèves (et des enseignants), des enseignants américains expérimentent depuis quelques années le concept de « flexible seating ».

Au Québec, il s’agit d’une pratique de plus en plus populaire en classe, et il est aussi possible d’adapter l’idée pour la maison!

Le « flexible seating »

Le terme français ne fait pas encore consensus, mais on peut traduire « flexible seating » par classe « multiposition », classe « d’apprentissage flexible » ou classe « multidisposition ».

Les adeptes de ce concept populaire depuis quelques années aux États-Unis veulent revitaliser l’aménagement de la classe afin de l'adapter à leurs pratiques pédagogiques, tout en combattant la sédentarité (Havig, 2017).

Fini les bureaux en rangée : les élèves ont le choix entre plusieurs types de sièges et d’espace : tabourets, tables basses, coussins au sol, « bean bag », tables hautes pour être debout, tapis pour s’asseoir… ou même se coucher!

Dans ce type de classe, les élèves n’ont plus de place assignée et peuvent choisir la position dans laquelle ils souhaitent travailler et écouter. Ceux-ci peuvent également changer de position, s’étirer, changer de place lorsqu’ils en ressentent le besoin : on les responsabilise par rapport à leur choix.

Plus de mouvement, moins de bougeotte

On pourrait croire que le fait de donner plus de liberté de mouvement aux élèves sèmerait le chaos dans la salle de classe. Or, bien qu’il n’y ait pas d’études publiées sur le sujet, plusieurs enseignants rapportent que c’est plutôt l’inverse qui se produit. En permettant aux élèves de s’étirer et de changer de position, on augmenterait leur capacité d’attention et réduirait du même coup le nombre de sorties inutiles de la classe (demander d’aller aux toilettes, par exemple).

Ce type d’aménagement, en plus de diminuer la sédentarité des jeunes, favoriserait le calme, les comportements adéquats ainsi que la motivation des élèves.

Évidemment, la classe à « multidisposition » n'est pas une recette magique et peut ne pas répondre aux besoins de tous les jeunes. Par contre, certaines études suggèrent que lorsque l'organisation physique de la classe permet à l'enseignant de rencontrer ses besoins pédagogiques, la concentration des jeunes est maximisée (Wannarka & Ruhl, 2008).

L’aménagement flexible à la maison

Que votre enfant fréquente ou non une école où l’approche des classes à multidisposition ait été adoptée, il est possible de s’en inspirer de plusieurs façons pour le coin devoir à la maison.

Pour ce faire, voici quelques suggestions :

  • Offrir une variété de sièges pour s’adapter à une variété de tâches : en plus du bureau assis qui permet une bonne stabilité du corps lors des travaux d’écriture, un ballon d’exercice ou une table haute, lorsqu’ajustés à la grandeur de l’enfant, peuvent être une option intéressante ; pour lire ou étudier, installer un tapis, des coussins, ou un « bean bag ».
  • Intégrer le mouvement dans la routine des devoirs. Par exemple, prévoir un panier où ranger le matériel nécessaire pour les devoirs et le disposer à un endroit où l’enfant devra se lever pour aller chercher ce dont il a besoin. Laisser l’enfant travailler debout à la table ou au comptoir de cuisine au lieu de demander la position assise. On peut inciter l’enfant à changer de position régulièrement, environ toutes les 15 à 20 minutes.
  • Responsabiliser le jeune quant à sa position de travail et l’impliquer dans le processus de transformation de l’espace, dans le choix des sièges et de la disposition. Trouver avec lui les positions qui lui permettent d’avoir les pieds et les coudes bien appuyés lorsqu’il doit écrire, et les positions qui lui permettent de garder le cou bien aligné lorsqu’il doit lire.
  • Si vous accrochez des affiches, pense-bêtes ou tableaux de références (multiplications, conjugaisons de verbes ou mots de vocabulaire, par exemple), l’idéal est de le faire au niveau des yeux de l’enfant. Afin d’éviter une surcharge d’informations visuelles, il est recommandé de limiter le nombre d’affiches accrochées au même endroit. Néanmoins, plusieurs endroits peuvent être utilisés, par exemple les miroirs de salle de bain, la porte de douche ou la fenêtre de la voiture.
  • Mettre en place des règles : le jeune choisit un espace de travail qui lui permettra de mieux travailler selon la tâche à accomplir. S’il n’utilise pas de façon adéquate le siège, l’abime, ou n’y travaille pas bien, le parent se donne le droit de demander à l’enfant de changer de siège.
  • Si quelques enfants partagent l’espace de devoirs, ceux-ci doivent s’entendre sur le choix de siège. Pour éviter les conflits, on peut instaurer un système de récompense pour l’accès à l’endroit le plus convoité, mais idéalement, les enfants devraient apprendre à négocier entre eux le choix des places, et faire des compromis. La tâche à accomplir par chacun devrait être prise en compte lors de leur négociation.

Quelques pages pour se donner des idées :

La classe de Josée 
Alternative Seating Classroom 
Flexible seating – all you need to know to implement it in your classroom

Trois jeunes garçons à genou devant une table basse avec des crayons en main


Camille Kasisi-Monet
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