Québec – Selon Jean Chouinard, du Service national du RÉCIT en adaptation scolaire, convaincu de la pertinence et de la nécessité de l’apport des aides technologiques pour les élèves en trouble d’apprentissage, pour que ces moyens s’implantent de façon significative dans la pratique pédagogique des intervenants, il faudra défaire certains mythes encore tenaces.
L’automne dernier, des professionnels de l’éducation réclamaient davantage de ressources humaines afin de mieux accompagner les élèves EHDAA dans les écoles. Cette semaine, nous vous parlons des ressources matérielles qui peuvent parfois faire défaut aussi pour aider les élèves en difficulté d’apprentissage.
Les professionnels de l’éducation (orthopédagogue, orthophoniste, conseiller pédagogique, etc.) reconnaissent de plus en plus l’impact positif que peuvent avoir les aides technologiques pour les élèves en difficulté d’apprentissage.
Ces outils, principalement des logiciels, facilitent l’apprentissage chez les élèves en les encourageant à persévérer malgré les difficultés rencontrées. Loin de devenir des béquilles pour les élèves, ils représentent plutôt une source de motivation et un moyen compensatoire à leur difficulté qui se révèle très efficace.
Pour reprendre une métaphore souvent employée par Jean Chouinard, responsable du RÉCIT en adaptation scolaire, les aides technologiques peuvent être comparées à des lunettes. Les lunettes sont nécessaires à certaines personnes pour compenser une déficience visuelle. Dans le cas d’un élève handicapé, l’aide technologique devient un moyen de réduire sa situation de handicap.
Par contre, ce ne sont pas tous les aides technologiques qui conviennent à tous les élèves en difficulté d’apprentissage. Le choix des outils devra être réalisé en fonction des besoins spécifiques de l’élève.
Dès qu’une aide technologique est suggérée par un professionnel de l’éducation, son utilisation devrait être inscrite dans le dossier scolaire de l’élève (son plan d’intervention, son portfolio, son carnet TIC, etc.), afin d’assurer le suivi d’une année à l’autre et une constance dans l’utilisation. L’élève devrait pouvoir utiliser l’aide technologique pendant toute la durée de ses études.
De plus, on ne peut recommander à un élève d’utiliser un outil particulier et le laisser seul avec son outil en pensant avoir trouvé la solution à son problème. L’élève doit pouvoir être formé à l’utilisation des aides suggérées. Ses enseignants et ses parents doivent aussi être introduits aux aides pour pouvoir l’accompagner efficacement.
Des suivis doivent être faits par la suite pour s’assurer que les outils choisis répondent bien aux besoins pédagogiques de l’élève. Toutes ces étapes demandent du temps… et des ressources.
Pour l’instant, des professionnels de l’éducation à qui nous avons parlé déplorent le peu de formation que les enseignants reçoivent sur l’usage des aides technologiques en classe, surtout à propos de l’apport pédagogique de ces aides. Cela fait en sorte que les aides ne sont pas toujours exploitées à leur plein potentiel par les élèves.
Du reste, des mythes sont aussi à déconstruire auprès des enseignants quant à l’utilisation des aides technologiques à l’apprentissage.
Utilisation quotidienne
Également, un élève qui a besoin d’une aide particulière devrait être en mesure de l’utiliser quotidiennement dans toutes les situations nécessaires. Cela implique donc qu’il ait un ordinateur, muni des logiciels d’aide, à sa disposition en permanence (à l’école et préférablement à la maison). Oups…
Ce n’est un secret pour personne, l’accès aux ordinateurs directement en salle de classe n’est pas toujours facile.
Pour l’instant, les aides technologiques seraient davantage utilisées au primaire, et même au préscolaire, qu’au secondaire. Cela semble logique lorsqu’on sait que l’accès aux ordinateurs est plus facile au primaire.
Le manque d’orthopédagogues au secondaire (qui sont susceptibles de sensibiliser les enseignants aux bénéfices des aides technologiques), les classes plus nombreuses et les changements de local fréquents sont d’autres raisons évoquées par les professionnels de l’éducation à qui j’en ai parlé pour justifier l’utilisation moins importante au secondaire.
Néanmoins, il serait aberrant que des élèves qui utilisent déjà des aides technologiques au primaire ne puissent pas continuer de les utiliser une fois au secondaire. Parions malheureusement que cela s’est déjà produit…
Pour pallier le manque de ressources informatiques dans les écoles, il existe des programmes d’aide gouvernementaux. Dans la gestion de ceux-ci, on ne peut pas dire que le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport soit toujours facilitant…
À suivre la semaine prochaine.
En complément :
-Sur Radio-Canada: Un recours collectif sera entendu
-Un dossier de l’École branchée : Troubles d’apprentissage : les technologies à la rescousse
-Sur l’Infobourg : Modification à l’Info/Sanction 554 sur l’utilisation des outils d’aide à l’écriture lors des épreuves ministérielles d’écriture
-Qu’est-ce que les aides technologiques?
-Les fonctionnalités des aides technologiques
Par Martine Rioux
Infobourg survole quotidiennement pour vous l'actualité en éducation.
© Société GRICS, 1999-2009