Québec – Les élèves handicapés ou en difficulté d'adaptation ou d'apprentissage (EHDAA) sont-ils négligés dans les écoles? Des outils d’aide technologiques peuvent être mis à leur disposition, mais la façon de se les procurer n’est pas toujours simple.
Des professionnels de l’éducation réclamaient davantage de ressources humaines afin de mieux accompagner les élèves EHDAA dans les écoles.
L’impact positif que peuvent avoir les aides technologiques pour les élèves en difficulté d’apprentissage est de plus en plus reconnus par les professionnels, même si certains mythes doivent encore être défait.
Qui dit aides technologiques, dit aussi ordinateur. Malheureusement, l’accès à l’informatique n’est pas toujours simple dans les écoles. Pour pallier le manque de ressources informatiques dans les écoles, il existe des programmes d’aide gouvernementaux. Certaines fonctionnent mieux que d’autres.
Mesure 30810
La mesure 30810 des Règles budgétaires du ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport du Québec (MELS) prévoit des sommes d’argent pour répondre aux besoins particuliers d’élèves handicapés de 4 à 21 ans.
Les élèves dont l’évaluation correspond aux codes 23 à 99 sont admissibles (déficiences intellectuelle, motrice, langagière, visuelle ou auditive, trouble envahissant du développement, trouble relevant de la psychopathologie).
La mesure permet aux écoles de faire l’acquisition de micro-ordinateurs, qu’ils soient portables ou non, de périphériques adaptés, d’équipements d’aide à la communication ainsi que de logiciels spécialisés reliés à des besoins particuliers.
Il est très important de noter que les équipements acquis par l’école pour un élève en particulier doivent le suivre tout au long de son parcours scolaire peu importe s’il change de classe, d’école ou de commission scolaire.
Programme d’allocation pour les besoins particuliers
Le Programme d’allocation pour les besoins particuliers de l’Aide financière aux études permet à certains jeunes de soumettre une demande de financement pour l’achat d’un ordinateur et de différents logiciels nécessaires à la poursuite de leurs études.
Pour être admissible, l’enfant doit être atteint d’une déficience fonctionnelle majeure (visuelle grave, auditive grave, motrice ou organique) ou d’une autre déficience reconnue (déficience auditive (25 décibels), déficience du langage et de la parole, paralysie affectant un seul membre et parésie affectant un ou plusieurs membres). La déficience du langage et de la parole inclut la dyslexie, la dysorthographie et la dyspraxie.
Dans ce cas, le processus à suivre par les parents pour soumettre une demande est pour le moins complexe, même si le site de l’Aide financière aux études avance qu’il s’agit d’une démarche simple.
Ainsi, les parents doivent :
1-Imprimer le formulaire
2-Faire remplir la section 5 du formulaire par un ergothérapeute, un orthophoniste ou un audiologiste qui expliquera en quoi les ressources matérielles sont indispensables à l’enfant pour poursuivre ses études.
3-Faire remplir la section 6 par un médecin généraliste qui reconnaît la déficience de l’enfant.
4-Obtenir une lettre signée par la direction de l’école reconnaissant qu’elle appuie la demande.
5-Obtenir une soumission pour les ressources matérielles nécessaires.
6-Faire parvenir le formulaire, la lettre de la direction et la soumission à l’Aide financière aux études.
Même si le programme en vaut la peine, il faut décidément avoir beaucoup de temps devant soi pour pouvoir compléter la démarche ou avoir de très bons contacts. Bref, lorsqu’on connaît les difficultés d’accessibilité dans le système de santé et le manque de ressources dans les écoles, il est permis de se poser des questions sur la validité d’un tel processus.
D’après ce que nous avons appris, cette façon de procéder est la même depuis plus d’une décennie (le programme sous sa forme actuelle existe depuis 1994). Elle se base sur un processus plutôt médical. Elle exclut les orthopédagogues, alors qu’ils sont généralement en première ligne dans les écoles pour diagnostiquer des troubles comme la dyslexie et la dysorthographie. La procédure gagnerait donc à être revue.
Finalement, les parents qui réussissent à compléter la séquence et déposent finalement une demande sont probablement ceux qui ont le plus de ressources, alors que le programme est censé viser les familles qui ont moins de moyens.
Après l’envoi de la demande
À partir du moment où une demande complète est acheminée, le délai de traitement est d’environ six semaines. Selon ce que le ministère nous a indiqué, en 2009-2010, des « modifications au processus de traitement des demandes devraient contribuer à réduire ce délai ».
Si la demande est approuvée, le versement du montant d’allocation est fait au moyen d’un chèque libellé au nom de l’élève et expédié à son établissement d’enseignement, qui le remettra ensuite aux parents.
Les parents ne peuvent rien acheter avant d’avoir reçu le chèque de l’Aide financière aux études. Il peut donc s’écouler de nombreux mois avant qu’un enfant puisse enfin bénéficier de tous les outils informatiques dont il a besoin pour faciliter la poursuite de ses études.
Dernière étape : les parents devront fournir la facture confirmant le paiement des ressources demandées à l’Aide financière aux études (au plus tard 60 jours après la réception de l’allocation).
D’autres précisions sur les modalités du programme se trouvent ici sur l’Infobourg
En 2007-2008, 1953 élèves et étudiants, du préscolaire à l’université, ont bénéficié du programme pour un coût total de 7 millions $.
Si vous avez bénéficié du programme et que vous désirez partager votre expérience avec nous, écrivez-moi.
En complément :
-Sur l’Infobourg : Modification à l’Info/Sanction 554 sur l’utilisation des outils d’aide à l’écriture lors des épreuves ministérielles d’écriture
-Qu’est-ce que les aides technologiques?
-Les fonctionnalités des aides technologiques
Une partie de ce texte est extraite d’un dossier de l’École branchée : Troubles d’apprentissage : les technologies à la rescousse.
Par Martine Rioux
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