Québec – L’année 2008 se termine et nous pouvons attribuer une faible note au ministère de l’Éducation. Cette année, l’éducation a suscité beaucoup de discussions, mais peu de solutions ont été avancées. Ce secteur constitue-t-il vraiment une priorité?
L’année 2008 avait débuté par la publication d’un éditorial intitulé Un Québec débranché? sur l’Infobourg. Ce billet annonçait 30 millions de dollars récurrents chaque année pour le renouvellement du parc informatique des écoles québécoises. Il mettait par contre en question les véritables retombées qu’allait avoir cet argent. Douze mois plus tard, nous pouvons affirmer que nous avions vu juste.
De fait, cette annonce, qui avait été faite à la fin de 2007, a été la seule en lien avec les technologies à l’école. Jamais plus le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport n’en a fait mention au cours de l’année. Même la campagne électorale de la fin d’année n’y a rien changé. L’éducation n’a pas réussi à se tailler une place parmi les sujets d’importance.
Pourtant, la situation actuelle est bien connue. Dans une étude soumise au MELS, une équipe de chercheurs, dirigée par François Larose de l’Université de Sherbrooke, mettait en doute la réelle intégration des TIC dans les écoles du Québec.
Les résultats d’un sondage, initié par Pierre Delisle de la Société GRICS, ont identifié les facteurs qui peuvent favoriser ou limiter l’intégration des TIC dans les écoles.
L’Association des commissions scolaires anglophones du Québec < href=http://www.infobourg.com/sections/editorial/editorial.php?id=13278 target=new>a publié un rapport dans lequel elle encourage notamment le MELS « à reconnaître l’impact des nouvelles technologies et à y réagir activement » et à « exercer un rôle de leadership dans la promotion de l’intégration de la technologie en milieu scolaire ».
La présidente de l’association, Debbie Horroks, nous l’avait répété en entrevue : « Nous sommes au XXIe siècle. La technologie est partout. Il est important que le MELS reconnaissance l’impact qu’elle peut avoir à l’école et qu’il pose des actions en faveur de son intégration ».
Pendant qu’en France, le ministère de l’Éducation nationale a multiplié les annonces technologiques en 2008 (clé USB pour les enseignants, plan numérique pour les écoles, opération micro-portable, etc.), le MELS n’a pas répondu à ces documents, rapports et questionnements.
Le français d’abord
La ministre Michèle Courchesne a abondamment parlé de l’importance du français à l’école au cours de l’année. Elle a mis en place une série de mesures pour améliorer l’apprentissage de la langue au primaire et au secondaire.
Même si le rapport sur lequel elle a appuyé ses mesures faisait mention de l’importance de la technologie dans l’enseignement du français, Mme Courchesne a complètement écarté toute référence aux TIC dans son Plan d’action pour l’amélioration du français.
Il a pourtant été démontré abondamment au cours de l’année que les enseignants auront besoin d’un coup de pouce significatif pour procéder à une véritable intégration des TIC dans leur salle de classe et que l’utilisation des technologies est devenue un incontournable pour l’apprentissage.
Malgré tout, il est impossible de passer sous silence l’extraordinaire travail accompli par les animateurs RÉCIT dans les écoles, ce réseau d’accompagnateurs TIC étant soutenu financièrement par le MELS. Tout au long de l’année, j’ai pu constater que le RÉCIT s’organise de mieux en mieux et se dynamise. Cependant, trop d’initiatives demeurent locales et l’information ne circule pas toujours suffisamment.
L’Infobourg tente de faire sa part pour les faire connaître, mais la « petite armée » d’animateurs RÉCIT aura besoin de plus de moyens pour conquérir les écoles et les convertir à l’utilisation des TIC.
Autres dossiers
La ministre de l’Éducation a été questionnée sur d’autres dossiers au cours de l’année. L’apprentissage de l’écriture cursive avant l’écriture scripte en première année du primaire, l’apprentissage de la lecture selon la méthode syllabique plutôt que la méthode globale, l’efficacité du programme d’aide aux devoirs en sont quelques exemples.
Le décrochage scolaire et la réforme ont aussi continué de défrayer la manchette.
Néanmoins, aucune annonce concrète n’a été faite. Pas étonnant que de plus en plus d’enseignants se sentent seuls et laissés à eux-mêmes dans leur classe.
Devant ces constats, impossible d’attribuer la note de passage au MELS pour son année 2008. Ne reste plus qu’à féliciter les enseignants, directeurs, conseillers pédagogiques et autres acteurs de l’éducation qui n’attendent pas et qui avancent vers l’avenir pour la réussite des jeunes. Avant qu’ils ne soient tous épuisés, il serait quand même bien que le ministère leur donne un signe de reconnaissance.
À quand un véritable leadership à la tête du ministère de l’Éducation du Québec?
Par Martine Rioux, APP
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