Québec – Depuis le début de la campagne électorale, plusieurs organisations ont fait part de leurs revendications en matière d’éducation auprès des différents partis politiques. Pour l’instant, elles sont plutôt demeurées sans réponse.
Un sondage mené par la firme CROP, à la demande de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) démontre qu’une forte majorité des personnes sondées, soit 97 % (70 % grande importance et 27 % importance moyenne), considère important que les partis politiques au Québec fassent de l’éducation une priorité lors de la campagne électorale. Et pourtant…
Dès le début de la campagne électorale, l’Association des commissions scolaires anglophones du Québec (ACSAQ) a soumis une liste de questions aux chefs des trois principaux partis.
Les questions portaient sur l’élection des présidents de commission scolaire par suffrage universel et la possibilité de jumelage entre les élections scolaires et municipales; la chute constante du nombre d’inscriptions dans les écoles publiques anglophones du Québec; la disponibilité des manuels scolaires en anglais en même temps que ceux en français; l’attraction et la rétention du personnel enseignant.
Par ailleurs, l’ACSAQ a interpellé les chefs de parti sur le fait que ses 340 écoles et centres d’éducation des adultes sont dispersés aux quatre coins de la province et que cela pose des défis « pour dispenser des services éducatifs de qualité, du transport scolaire et des activités parascolaires ». L’ACSAQ souhaite également « une meilleure collaboration entre les écoles et les commissions scolaires anglophones et francophones ».
Jusqu’à maintenant, elle n’a reçu aucune réponse.
La Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ) a, de son côté, demandé aux chefs de parti de « faire connaître rapidement leurs engagements en matière d’éducation préscolaire, primaire et secondaire ».
La FCSQ invite plus particulièrement les partis politiques « à s’engager à valoriser l’école publique en mettant en place une vaste campagne d’information sur les bons coups des écoles ». Elle a aussi réclamé des engagements financiers précis envers le système public d’éducation.
Jusqu’à maintenant, aucune donnée financière n’a été avancée lorsqu’il a été question d’éducation.
Les grands syndicats ont aussi fait connaître leurs positions et leurs revendications.
La Centrale des syndicats du Québec (CSQ) a énoncé cinq propositions en éducation :
- Faire de l’éducation une priorité nationale
- Éliminer la concurrence entre les établissements
- Assurer de meilleures conditions d’apprentissage et de réussite pour toutes et tous
- Améliorer les conditions d’exercice du personnel de l’éducation
- Reconnaître et valoriser le travail du personnel de l’éducation
La Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE) a publié sa plate-forme électorale qui compte 12 points. Parmi ceux-ci, la FSE demande de « s’assurer que l’intégration des élèves en difficulté dans les classes régulières réponde aux besoins de ceux-ci », de « réduire significativement le nombre d’élèves par classe », de « poursuivre la réforme de la réforme », de « maintenir le moratoire au sujet de l’implantation de la réforme à l’éducation des adultes ».
La Confédération des syndicats nationaux (CSN) consacre une page de sa plate-forme d’interpellation à l’éducation. On y lit : « La CSN exige que le prochain gouvernement fasse de l’éducation une réelle priorité nationale et adopte des stratégies éducatives claires, cohérentes et coordonnées afin de faire face à la situation appréhendée pour les années à venir. Il devra aussi allouer aux différents ordres d’enseignement le financement adéquat afin qu’ils puissent répondre aux besoins des jeunes et des adultes et accroître la persévérance et la réussite scolaires ».
D’autres groupes auront certainement l’occasion de faire part de leurs revendications d’ici la fin de la campagne. Vous pouvez vous joindre à eux en commentant cet article.
Depuis le début de la campagne, quelques annonces politiques ont été faites en matière d’éducation, mais généralement, elles sont demeurées dans la superficialité, rien de chiffré, rien de vraiment détaillé. Les bonnes intentions des partis politiques ont besoin d’un peu « d’enrobage ». Le système de l’éducation est la base de la société et nous savons que ce système a largement besoin d’être mis à jour. Nous attendons les engagements clairs et réalistes.
L’Infobourg vous proposera des articles présentant les programmes électoraux des trois principaux partis au cours des prochains jours (du moins pour le Parti québécois et l’Action démocratique du Québec; le Parti libéral n’ayant toujours pas publié sa plate-forme électorale).
Pour suivre la campagne en éducation au jour le jour : Le Réseau pour l’avancement de l’éducation au Québec (RAEQ) a entrepris de suivre activement la campagne avec des billets Écho électoral.
Par Martine Rioux, APP
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