Les 5 mythes du Web 2.0 à l’école

Mercredi, 6 janvier, 2010 - 12:21

Classification de ce billet
Niveaux pédagogiques:
Cycles: 
Préscolaire    Primaire    Secondaire    1er cycle    2e cycle    3e cycle    1er cycle    2e cycle


Disciplines: -

Mots-cles:
Sommaire: 

Québec - Mario Asselin, associé chez Opossum, blogueur bien connu et ancien directeur d’école, publie sur son blogue quelques arguments pour aider ceux qui voudraient combattre les pratiques de blocage de sites Internet dans le milieu scolaire. L’Infobourg vous offre un abrégé.

Détail: 

Pour lire la version intégrale : Ma c.s. bloque l'accès aux sites Internet du Web participatif: cinq façons de les convaincre de se montrer plus responsable!

Mythe 1 : Les sites du Web participatif sont une perte de temps, car ils sont des lieux de divertissement et au mieux de socialisation qui n’ont rien à voir avec l’apprentissage.

En réalité : Quelques études ont récemment démontré que le Web 2.0 peut changer la donne en éducation en stimulant les jeunes. L’idée de « participer » en ligne à une communauté et de produire du contenu pour l’enrichir peut être très motivante pour eux. Au Québec, les expériences sont encore peu nombreuses, mais « les résultats sont évidents ».
Oui, il y a des risques de faire un usage qui laisse à désirer de certains sites, mais « qui penserait à interdire les marteaux en menuiserie parce qu’ils peuvent servir à démolir? », écrit M. Asselin. Selon lui, la vraie perte de temps, ce sont ces démarches que les enseignants doivent entreprendre pour faire débloquer des sites dans leur commission scolaire.
Le site Carrefour éducation présente un ABC du Web 2.0 pour les enseignants.

Mythe 2 : Les sites du Web participatif présentent du contenu incompatible avec les valeurs du milieu scolaire.

En réalité : « Si c’est vrai qu’il y a du contenu offensant à proscrire des salles de classe, l’éducation par la responsabilisation demeure le moyen le plus efficace, à moyen terme de s’assurer de remplir notre mission éducative », écrit M. Asselin.
Il ajoute : « C’est plus dangereux de ne pas éduquer devant la présence de dangers potentiels que de mettre à l’Index et de risquer que les jeunes soient confrontés aux mêmes dangers (hors de l’école) sans les moyens d’y faire face».
Pour éduquer à l’utilisation d’Internet, de nombreux sites sont disponibles.

Mythe 3 : Les sites du Web participatif consomment beaucoup de bande passante, leur fréquentation risque de ralentir le réseau informatique, sans compter les coûts engendrés (si on décidait d’augmenter la bande passante).

En réalité : « Cet argument pourrait valoir pour YouTube et Facebook seulement, mais on semble vouloir l’appliquer à tous les sites du Web 2.0 ce qui démontre souvent que la préoccupation d’économiser de la bande passante est un prétexte bien davantage qu’un objectif légitime ».
Premièrement, les coûts ont énormément baissé depuis trois ans. Ensuite, la majorité des commissions scolaires sont reliées à Internet haut débit par la fibre optique. Puis, les techniciens informatiques savent comment « calibrer » un réseau informatique pour donner priorité à certains usages à divers moments.
« Enfin, je suis plutôt d’avis que les «tuyaux» ont atteint une telle taille qu’il n’y a pas vraiment d’engorgement, mais plutôt sous utilisation dans les écoles », soutient M. Asselin.

Mythe 4 : En permettant la publication de contenu sur le Web, on s’expose à ce que certains disent n’importe quoi sur des sites appartenant à la commission scolaire, allant même jusqu’à diffamer l’institution. Pourquoi risquer de perdre le contrôle?

En réalité : « Si on attend qu’il y ait «zéro risque» avant d’utiliser un outil ou une stratégie dans une école, on va devoir remettre en question l’humain lui-même », ironise M. Asselin. « Mais j’ai une très grande confiance en l’humain… Voilà pourquoi je me dis que l’accès à Internet doit être encadré par de vraies personnes qui pourront INTERVENIR lorsque surviendront des problèmes avec l’accès à la pornographie, la violence, le jeu en ligne, etc. Si on pense qu’en interdisant l’accès, «on règle le problème», c’est qu’on a une bien mauvaise connaissance de ce que font les jeunes en dehors des murs d’une école. »

Mythe 5 : Les écoles sont des lieux de traditions et absolument rien ne prouve qu’il y aurait des avantages à laisser les élèves et les enseignants utiliser les sites du Web participatif. Les écoles n’ont pas à céder aux « saveurs du jour ».

En réalité : « Quand un lieu comme l’école ne peut plus s’offrir «le luxe» des moyens les plus modernes de communiquer et d’avoir accès à l’information, elle s’expose à perdre de sa raison d’être, à court terme, je dirais. Il y a urgence en la demeure… à former des adultes et à les informer qu’ils sont en train de passer à côté de puissants leviers pour bien faire leur travail », fait valoir M. Asselin.

Il conclut : « Pourquoi l’école secondaire resterait-elle en marge de ce vaste défi d’éduquer les jeunes dans le contexte de celui qui correspond à 95% des foyers québécois où ces sites sont accessibles? »

Partagez votre point de vue avec nous. Écrivez à martine@demarque.com.

Par Mario Asselin, adaptation de Martine Rioux

 

Infobourg survole quotidiennement pour vous l'actualité en éducation.

 

© Société GRICS, 1999-2009