Plus de ressources pour les élèves en troubles d’apprentissage

Mercredi, 18 novembre, 2009 - 01:28

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Québec – Les élèves handicapés ou en difficulté d'adaptation ou d'apprentissage (EHDAA) sont-ils négligés dans les écoles? Des professionnels de l’éducation le croient et se lèvent pour réclamer davantage de ressources afin de mieux accompagner ces élèves.

Détail: 

La Fédération des professionnelles et professionnels de l'éducation du Québec (FPPE-CSQ) et la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) profitent de la Semaine des professionnelles et des professionnels de l’éducation pour rappeler le rôle important qu’ils peuvent jouer pour accompagner les élèves EHDAA dans les écoles, souvent en soutien aux enseignants.

Pour Jean Falardeau, président de la FPPE-CSQ, il ne fait aucun doute que « l'intervention des professionnelles et des professionnels de l'éducation auprès des EHDAA est, dans bien des cas, l'élément qui fait la différence entre la réussite et le décrochage pour les jeunes concernés ».

Il déplore du même coup le nombre insuffisant de professionnels de l’éducation dans les écoles du Québec. Selon lui, il s’agit d’un « facteur significatif qui ralentit nos efforts pour assurer la réussite scolaire du plus grand nombre ».

Nous pouvons malheureusement lui donner raison. Il m’est arrivé à plusieurs occasions de discuter avec des parents et des enseignants. Ils avaient souvent l’impression que les professionnels de l’éducation ne sont pas assez nombreux dans les écoles. Ils attendaient pour des services qu’ils avaient demandés depuis longtemps. Certains parents étaient encouragés à aller vers des services privés alors que l’école est sensée offrir ce soutien.

Parmi les professionnels de l’éducation, on retrouve des conseillers pédagogiques, des bibliothécaires, des animateurs de vie étudiante, mais aussi des orthopédagogues, des psychoéducateurs, des orthophonistes et des psychologues.

Ceux-ci sont sur la première ligne pour dépister les élèves en difficulté/troubles d’apprentissage, pour établir un plan d’intervention adéquat et en faire le suivi par la suite. Faute de ressources, dans certaines écoles, des élèves ne sont probablement même pas dépistés, alors comment est-ce possible de les aider à surmonter leurs difficultés?

Dans la région de Montréal, un recours collectif est présentement entendu devant les tribunaux. Tout a commencé en 2003, alors que les parents de Thierry Desgagnés ont intenté une poursuite judiciaire contre la Commission scolaire des Grandes-Seigneuries. Ils reprochaient alors à la commission scolaire de ne pas avoir dépisté à temps la dyslexie de leur enfant et de ne pas lui avoir fourni les services requis pour qu'ils réussissent sa scolarité.

2003… nous sommes aujourd’hui en 2009 et ils n’en ont toujours pas terminé avec la justice. Au fil du temps, d’autres parents se sont joints à eux. Huit autres commissions scolaires et le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport du Québec (MELS) sont maintenant visés par le recours collectif. Au cœur du débat, des questions en lien avec le dépistage de la dyslexie et le suivi accordé par la suite aux élèves, mais on devine que les réponses pourraient avoir une influence sur le dépistage et le suivi en lien avec plusieurs autres troubles d’apprentissage.

L’issu de ce recours collectif revêt une importance particulière. Il faudra surveiller de prêt l’avancement de la procédure en cours.

Mais, en attendant, la vie continue pour Pierre, Marie et Sylvie dans les écoles. En attendant, les professionnels qui devaient être plus nombreux dans les écoles pour les aider à réussir leur parcours scolaire ne le sont toujours pas.

Selon le président de la CSQ, Réjean Parent, il manquerait au moins 1 300 professionnels de l’éducation pour répondre aux besoins actuels.

La ministre de l’Éducation ne leur a toujours pas répondu… ni aux professionnels de l’éducation ni aux parents.

En complément :
-Sur Radio-Canada: Un recours collectif sera entendu
-Un dossier de l’École branchée : Troubles d’apprentissage : les technologies à la rescousse
-Sur l’Infobourg : Modification à l’Info/Sanction 554 sur l’utilisation des outils d’aide à l’écriture lors des épreuves ministérielles d’écriture

Par Martine Rioux

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