Pour faciliter le passage du primaire au secondaire

Mercredi, 10 septembre, 2008 - 00:00

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Québec - L’année scolaire débute et des milliers d’élèves ont fait le saut du primaire vers le secondaire. Si, pour 70 % d’entre eux, le passage se passera relativement bien, les autres auront plus de difficulté. Afin de faciliter cette étape, l’auteur Gérald Higgins propose un petit ouvrage fort intéressant.

« Le passage du primaire au secondaire est l’étape la plus marquante dans la vie des élèves. Ils sont encore jeunes, ils manquent d’expérience, ils sont parfois laissés à eux-mêmes », affirme Gérald Higgins.

M. Higgins a été animateur scolaire pendant 35 ans dans des écoles primaires et secondaires de la région de Québec. Au cours de ces années, il a vu des jeunes déboussoler à leur entrée au secondaire, il a vu beaucoup d’intimidation et des climats pas toujours favorables à l’intégration des petits nouveaux.

Aujourd’hui, à la retraite, il continue « d’aller faire son tour dans des écoles » pour observer ce qui s’y passe. « Les statistiques peuvent changer au cours des années, mais les faits demeurent. Les gestes se ressemblent », dit-il.

De fait, d’hier à aujourd’hui, il y a eu et il continuera (malheureusement) d’y avoir des constantes pour les élèves de première secondaire : la crainte de l’initiation alimentée par des rumeurs, la possibilité d’être sur la liste noire des plus vieux, la peur de se faire taxer, le risque d’être témoin de bousculade (ou d’autres gestes inacceptables) et de ne pas savoir quoi faire, etc.

M. Higgins soutient qu’au cours des dernières années, probablement en raison des familles moins nombreuses et du niveau d’instruction plus élevé des parents, les jeunes sont plus proches de leurs parents et que ceux-ci les accompagnent davantage lors de leur passage du primaire au secondaire. « Ils arrivent mieux préparés et plus confiants. »

Il resterait néanmoins 30 % d’élèves « à risque » que M. Higgins répartit comme suit : 15 % d’élèves agités, ambivalents et influençables qui ont besoin de soutien pour rejoindre les 70% qui vont bien, 10 % d’élèves angoissés, qui manquent d’estime d’eux-mêmes et qui ont de la difficulté à s’intégrer si on ne les accompagne pas constamment, et 5% d’élèves intimidateurs, qui veulent faire la loi dans l’école et pour qui on ne peut presque rien.

Pour aider plus particulièrement les « ambivalents » et les « angoissés », M. Higgins a préparé un petit ouvrage, destiné à être utilisé par les éducateurs, les parents ou même à être consulté par les jeunes eux-mêmes.

Un outil de réflexion et de partage
Les corridors de l’école – Pour la prévention de l’intimidation vient tout juste d’être publié chez Impact Éditions. Il met en scène Pier-Philippe qui commence le secondaire. Dans son journal personnel, il raconte ce qu’il perçoit, entend et ressent dans son nouveau milieu. Malheureusement, l’inquiétude et la peur y tiennent beaucoup plus de place que la joie. Il écrit même que c’était plus plaisant d’aller à l’école primaire.

« Personne d’entre nous n’a vraiment envie de s’ouvrir la trappe pour les dénoncer, eux et leurs conneries » - Extrait du journal de Pier-Philippe

« Il m’arrive même de penser que, dans le temps, personne ne m’a aidé et que les nouveaux n’ont qu’à s’organiser tous seuls comme je l’ai fait » - Extrait du journal de Pier-Philippe

Ce qu’il y a de particulier avec le livre de M. Higgins, c’est que les extraits du journal de Pier-Philippe sont entrecoupés de questions qui visent à amener le lecteur à réfléchir à la situation et à se demander comment il réagirait dans pareil cas.

« J’ai choisi de survoler le thème de l’intimidation et du passage au secondaire avec le journal de Pier-Philippe. Cependant, avec les questions, les jeunes sont invités à entrer dans la peau du personnage et à aller plus loin. En passant par un personnage, je crois que c’est plus facile d’atteindre les jeunes. Ils diront ce qu’ils pensent que le personnage devrait faire, alors que c’est ce qu’ils feraient eux-mêmes », indique M. Higgins.

« Y a-t-il des différences entre la menace, l’intimidation et la peur? Si oui, lesquelles? Le fait de lancer de fausses rumeurs est-il une forme d’intimidation? Est-ce que les élèves ont raison d’avoir peur? » – Exemple de questionnement (page 19)

À la fin du livre, M. Higgins présente des fiches pratiques qui permettent aux jeunes d’évaluer leur degré d’intégration à leur nouveau milieu, de penser à des stratégies pour contrer l’intimidation, etc. Il propose aussi des pistes de réflexion. Selon lui, le livre touchera particulièrement les jeunes de 10 à 12 ans et devrait être utilisé en prévention avec les élèves de 5e et 6e année du primaire et en intervention avec ceux de 1re secondaire.

De nombreux ouvrages ont été publiés sur la prévention de l’intimidation à l’école. Celui-ci est particulier parce qu’il est tout simple. Avec sa soixantaine de pages, il est accessible pour les jeunes. Il traite d’une réalité concrète sans nous inonder de statistiques, sans tomber dans la morale et sans tout dire. Il laisse la place aux jeunes afin qu’ils s’expriment librement.

Le livre pourra être perçu comme un message des adultes envers les jeunes : « Oui, nous sommes conscients que ce que vous vivez n’est pas facile. Aidez-nous à vous aider en nous disant comment vous vous sentez, comment vous vivez les choses. »

« Parfois, les jeunes ont simplement envie de sentir une présence, de savoir qu’on s’occupe d’eux, qu’on est là au cas où ils auraient besoin », conclut M. Higgins.

Par Martine Rioux, APP

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