Des idées d’utilisation des médias sociaux en classe

Des idées d’utilisation des médias sociaux en classe

L’intégration de médias sociaux à l’expérience académique ne va pas de soi pour tous les enseignants, bien au contraire. Voici quelques pistes pour débuter.

Très simplement, l’enseignant pourrait commencer par établir et définir des concepts clés que les élèves appliqueront ensuite lors d’activités d’apprentissage sur ou utilisant les médias sociaux. Les enseignants qui maîtrisent déjà bien certains médias sociaux peuvent s’en servir pour y présenter leur contenu. Par exemple, ils peuvent y diffuser des capsules vidéo ou audio qu’ils ont eux-mêmes produites, ou bien y partager des liens donnant accès au contenu de leur cours à leurs élèves.

En se connectant à un environnement d’apprentissage, les jeunes peuvent ainsi consulter la matière à distance à tout moment et cheminer à leur rythme. Par exemple, des environnements comme ChallengeU et Edmodo sont intéressants pour la réalisation d’activités virtuelles. En fonction de son cours ou du niveau, l’enseignant y prépare du matériel (écrit, audio ou vidéo) afin de présenter du contenu. En s’y connectant, les élèves ont accès aux activités d’apprentissage individuelles ou de groupe prévues. Favorisant la communication, ces plateformes permettent aussi une rétroaction instantanée des pairs ou de l’enseignant, permettant ainsi de recadrer au besoin leur démarche dans l’atteinte de leur objectif d’apprentissage. Plus encore, l’enseignant peut utiliser ces environnements pour évaluer le degré d’acquisition de connaissances ou de compétences de chacun. Par l’entremise d’activités d’apprentissage propres à une matière donnée, ils favorisent les habiletés à éditer, diffuser et remixer du contenu numérique.

Leur approche plus individuelle et personnalisée favorise un cadre d’échanges très ouvert. En effet, les élèves accèdent à un monde de connaissance et de savoir informel en tout temps. Ils collaborent virtuellement avec d’autres jeunes (de leur groupe, d’un autre groupe ou du reste du monde), remarquent des manières de faire leur étant auparavant inconnues, questionnent les autres, ont des rétroactions rapides et bien plus. Peu directifs, ces environnements peuvent même donner lieu à des projets de collaboration parfois inattendus et informels à l’extérieur des lieux d’apprentissage institutionnels.

Évidemment, pour une utilisation optimale, ces plateformes nécessitent un certain travail préalable de l’enseignant, notamment au niveau de la préparation du matériel.

Elles ne sont cependant pas les seules à pouvoir être utilisées en classe! Par exemple, de plus en plus d’enseignants, même au primaire, font appel à la plateforme de microblogage Twittter pour des projets pédagogiques des plus variés avec leurs élèves. On en trouve une bonne sélection dans l’École branchée. Les concours de twittérature gagnent également en popularité dans le milieu scolaire.

Une jeune fille qui travaille sur son ordinateur portable

Voici maintenant des activités d’apprentissage simples et rapides pouvant être réalisées à l’aide d’autres types de médias sociaux. Les matières et les activités choisies sont bien aléatoires, mais les activités pourraient être adaptées en fonction du niveau de scolarité ou du domaine d’apprentissage.

Français

Afin d’appliquer un des procédés d’écriture dans le cadre du cours de français, l’enseignant(e) débute par un exposé magistral sur la structure du schéma narratif (ou n’importe quelle forme de texte). Il ou elle invite ensuite ses élèves à mettre en application ces notions sur une plateforme d’édition de son choix, dans le but de :

  • rédiger un récit de fiction;
  • respecter les notions du schéma narratif.

Cette étape franchie, chaque élève devra :

  • sélectionner le récit d’un autre élève;
  • bonifier l’une des péripéties.

Les modifications apportées, les élèves devront :

  • effectuer une rétroaction auprès de l’auteur;
  • échanger sur les procédés narratifs via la messagerie instantanée ou dans un forum.

En plus de mettre en application les notions apprises en classe, cette pratique offre aux élèves la possibilité de produire du contenu numérique, le remixer et même de réfléchir et d’échanger sur les procédés d’écriture par voie électronique.

Langue seconde

Les outils d’édition collaboratifs comme Bab.la, Vocabulary.com ou Wiktionary, qui offrent à tous les utilisateurs la possibilité de développer du contenu, le remixer et le majorer, proposent une approche pertinente afin de développer du vocabulaire en langue seconde.

L’enseignant(e) pourrait ici soumettre une banque de mots à ses élèves et leur demander de :

  • traduire les mots de la banque dans la langue seconde;
  • écrire la définition sur la plateforme d’édition de son choix.

Les élèves devront alors fouiller sur le Web pour élaborer une définition juste de chaque mot. Ils collaboreront aussi avec d’autres intervenants pour y arriver.

Cette étape réalisée, les élèves devront :

  • visiter l’outil d’édition pour s’assurer de la véracité des définitions élaborées par les autres;
  • au besoin, travailler en équipe pour remixer le contenu;
  • faire une rétroaction auprès des autres concernant les modifications apportées.

Cette pratique permet à nouveau aux élèves d’éditer du contenu numérique et de le remixer à l’intérieur d’une structure vaste et ouverte, tout en acquérant du nouveau vocabulaire.

Des environnements virtuels comme Hellolingo, Palabea ou Babbel sont aussi fort utiles dans l’apprentissage des langues avec un ordinateur (ALAO). Conçus spécifiquement pour l’apprentissage en ligne, ils offrent du matériel pédagogique dans plusieurs langues et sont structurés en parcours d’apprentissage variés. Ils adoptent également les caractéristiques des réseaux sociaux, dont la mise à jour rapide du statut de l’utilisateur, la possibilité de créer un réseau d’amis et d’aimer des publications. Les élèves peuvent ajouter, modifier et améliorer le contenu de ces sites. Ceux-ci permettent d’ailleurs de tisser des liens avec d’autres sites de réseautage social et possèdent une version mobile.

Un site de réseautage comme Facebook ne sert pas spécifiquement à l’apprentissage des langues, mais un(e) enseignant(e) peut y développer des projets de collaboration en ce sens. Il s’agit alors généralement de créer un groupe d’interaction privé que l’enseignant paramètre lui-même (qui peut collaborer, comment, etc.). Il a l’avantage d’être gratuit.

Géographie

Dans le cadre du cours de géographie, l’enseignant(e) peut développer des activités d’apprentissage à l’aide de jeux virtuels pour que ses élèves maîtrisent les différentes caractéristiques d’un territoire, par exemple.

Après avoir présenté ces caractéristiques (population, langue, groupes ethniques, milieu urbain, milieu rural, etc.), les élèves entreprennent une partie sur l’interface Second Life. L’objectif sera de retracer les éléments caractéristiques d’un territoire. Même s’ils sont imaginaires, tous ces éléments se retrouvent dans le jeu et sont représentatifs des véritables régions du monde. Par le jeu, les élèves assimilent alors le contenu à maîtriser.

En somme, les environnements personnels d’apprentissage, les médias sociaux et les activités d’apprentissage mentionnés ici représentent un apport infime du Web 2.0 à l’éducation, car une multitude d’activités sont possibles selon la matière ou le niveau. Il s’agit en réalité que les enseignants maîtrisent bien ces plateformes au préalable et adaptent légèrement leur approche pour les intégrer à leur enseignement. Cette façon de faire offre la chance aux élèves d’appliquer des savoirs et des habiletés à leur rythme, tout en s’ouvrant à une multitude d’autres connaissances disponibles sur le Web. Évidemment, les enseignants ne doivent pas hésiter à essayer ces outils ou même à demander du support à leurs pairs, aux conseillers pédagogiques ou aux experts en contenu numérique de leur établissement pour en favoriser leur intégration.

Une jeune fille regarde son téléphone, debous à sa table de travail