Abitibi-Témiscamingue – La géocache (ou géocaching) est un loisir qui consiste à utiliser un GPS (Système de positionnement par satellite) afin de cacher et de trouver des contenants, dits « caches », dans lesquels sont insérés de petits objets. Cette chasse au trésor technologique peut recéler un aspect pédagogique.
Éric Godbout, conseiller RÉCIT à la Commission scolaire du Lac-Abitibi (CSLA), a eu la piqûre de la géocache après avoir participé à cette activité en famille sur l’invitation d’un ami. Il a ensuite partagé son expérience avec d’autres conseillers RÉCIT (Francois Rivest et Steve Quirion).
Par la suite, ces derniers ont initié plusieurs collègues à la géocache appliquée au domaine de l’univers social, plus précisément « l’utilisation d’un GPS et d’un appareil photo pour réaliser une carte, observer ensuite des paysages et enfin créer un croquis de géographie du territoire ».
La technologie GPS peut-elle être employée à des fins pédagogiques? « Il n’en tient qu’aux pédagogues de faire des liens avec le programme de formation », réplique M. Godbout sur son site Internet dédié à la géocache en milieu scolaire. Les éducateurs peuvent « inclure des contenus instructifs dans les caches ou inventer des énigmes à résoudre afin de trouver les coordonnées de celles-ci », suggère-t-il.
Exploiter les TIC en univers social
Le projet mis sur pied par Éric Godbout et certains de ses collègues permet d’exploiter les TIC en univers social. Des élèves du 3e cycle du primaire de la CSLA découvrent l’histoire et la géographie de la région à travers une activité de géocache.
Les élèves de la classe de Carole Lafleur, enseignante de 5e année à l’École de l’Envol (Pavillon de l’Académie), ont été les premiers à expérimenter l’activité en novembre 2008. Puis, quatre autres classes en ont fait l’essai au mois de mai. Plus d’une centaine de jeunes ont pris part au projet.
Au départ, les élèves de 5e et 6e année du primaire, ainsi que les enseignants, ont été formés sur le fonctionnement d’un GPS et l’utilité de l’appareil. Sur le terrain, l’objectif était de trouver cinq caches dissimulées à proximité d’un sentier boisé. Environ trois journées complètes sont nécessaires à la préparation et à la réalisation de l’activité.
Le GPS permet de localiser précisément les endroits recherchés et de s’orienter. Il suffit d’entrer les coordonnées de la cache et de se diriger en conséquent. Cela paraît bien simple, mais des obstacles peuvent parfois compliquer les déplacements.
À l’intérieur des caches, les jeunes lisent un message proposant des tâches éducatives à réaliser. Par exemple, observer différentes cartes ou de photos aériennes permettant de constater les changements du territoire ou les aménagements humains, esquisser un croquis illustrant le paysage environnant, répondre à des questions permettant de mieux connaître l’histoire régionale, etc.
Les élèves acquièrent ainsi des connaissances en lien avec l’univers social et développent des compétences telles que « construire sa représentation de l'espace, du temps et de la société » ou « exploiter les TIC ».
Motivant mais coûteux
En outre, l’activité comporte une forte composante motivationnelle, aux dires de son concepteur, car les élèves et les enseignants sont intéressés à manipuler des outils technologiques comme le GPS. De plus, la géocache est à la fois une activé physique, intellectuelle et sociale.
En revanche, le coût des GPS et leur disponibilité limitée en milieu scolaire sont les principaux inconvénients observés par M. Godbout. Le modèle recommandé coûte entre 200 et 225 $.
Les élèves avaient empruntés les GPS de leurs parents lors de la première activité de géocache. Cependant, l’utilisation de modèles différents posait des inconvénients. Puis, la CSLA a fait l’achat de 17 GPS avec la collaboration des Caisses Desjardins de l’Abitibi-Ouest.
La géocache est une activité qui gagne en popularité au Québec. L’Association Géocaching Québec compte plus 20 000 caches placées sur le territoire québécois par plus de 3600 géocacheurs inscrits.
Toutefois, M. Godbout consent que la géocache pédagogique reste une activité marginale. Il considère son activité davantage comme une « initiation » à la géocache. Les élèves peuvent ensuite poursuivre l’activité en famille.
Il est à noter que la géocache peut être adaptée à plusieurs matières scolaires, comme les mathématiques, les langues, etc. Un article du RÉCIT offre plusieurs suggestions.
Un prix
Éric Godbout s’est mérité un prix pour son projet de géocache pédagogique réalisé en 2008-2009 avec des élèves de la CSLA.
L’Association des commissions scolaires de l’Abitibi-Témiscamingue et de la Baie-James organise une soirée annuelle pour rendre hommage à l’implication dans le milieu éducatif. Le prix régional Michel-Séguin honore les personnes ayant élaboré un projet intégrant les objectifs du renouveau pédagogique. Le 18 septembre 2009, ce prix régional a été remis à Éric Godbout pour ses efforts d'en matière d’utilisation des TIC en classe.
Liens
- Géocaching scolaire
- Des citoyens de la région honorés par le milieu scolaire
- Site Québec Géocaching
- geocaching.com
Par Elsa Iskander
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