Monde - Naviguer sur Internet est un jeu d’enfant pour les jeunes adultes? Pas si sûr, selon une étude belge qui révèle les difficultés des utilisateurs occasionnels ou de ceux qui ont un usage limité du Web, par rapport à ce qu’attend d’eux la société et particulièrement le marché du travail.
L’étude « Les jeunes off-line et la fracture numérique » s’est penchée sur les Belges de 16 à 25 ans qui n’utilisent pas ou peu la Toile, dénommés les « off-line ».
Elle met en lumière une fracture dans cette classe d’âge qui se compose d’un public très diversifié. Certes, la majorité est branchée, mais à différents degrés, en fonction du niveau d’éducation, du contexte familial, du milieu culturel, et ce, beaucoup plus que de la situation économique.
Se divertir, mais encore?
Les 16-25 ans naviguent essentiellement pour leur plaisir, pour se détendre et pour communiquer. La messagerie instantanée, les réseaux sociaux et le multimédia numérique figurent en tête de liste de leurs préférences.
Par contre, la sphère socioéconomique attend d’eux la recherche et le traitement d’informations en ligne, la maîtrise de logiciels, la connaissance des services publics sur le Net, etc.
À partir de ces usages, on détermine généralement l’intégration dans la société d’information. Les off-line ont donc un train de retard sur les jeunes branchés. On parle ainsi de fracture numérique au second degré, en termes d’inégalités dans les usages.
Pas branchés, pas intégrés
Quant à ceux qui sont en quasi-déconnexion, la fracture numérique est encore plus importante. Ils manquent surtout de compétences informationnelles, afin de traiter du contenu numérique, ainsi que de compétences stratégiques pour atteindre des buts personnels, professionnels et autres. Ce groupe d’individus a besoin qu’on lui construise des « passerelles » entre les mondes réel et virtuel.
« En réalité, seule une minorité de 16-25 ans est coupée de ces outils. Mais pour une partie d'entre eux, il est très difficile de franchir la passerelle qui sépare "leur" monde Internet, le chat, le téléchargement ou l'écoute de musique et de vidéos en ligne… de l'utilisation que la société attend d'eux, à commencer par leurs employeurs », a indiqué au quotidien Le Monde Gérard Valenduc, coauteur de l’étude et codirecteur du centre d’étude de la Fondation Travail-Université (FTU).
Recommandations
L’étude recommande principalement d’appréhender la situation des jeunes off-line de manière intégrée, de revoir plus globalement les usages numériques des jeunes adultes, dans leur vécu, dans leurs activités et dans leur passage vers l’autonomie.
« Nous estimons qu'il faut faire davantage converger, notamment à la fin du secondaire, l'éducation aux médias et aux technologies. L'enseignement des NTIC est encore trop tourné vers l'informatique pure : il faut également y intégrer davantage d'éducation aux médias, pour développer les compétences et les réflexes, comme le sens critique », a-t-il ajouté.
En complément :
Principaux résultats de l’étude
Par Olivier Artis
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