L’intégration ne se fait pas à l’école

Vendredi, 30 octobre, 2009 - 00:00

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Québec – Jusqu’à maintenant, aucune étude n’a pu mettre en évidence le lien entre l’utilisation des technologies et les résultats scolaires. « C’est peut-être parce que la technologie est encore trop peu utilisée dans les écoles… », avance Francesc Pedro, analyste principal et directeur du projet «Les apprenants du nouveau millénaire» au Centre pour la recherche et l'innovation de l'enseignement (CERI) de l'OCDE.

Détail: 

« La technologie est partout dans la société… sauf dans les écoles. Les changements attendus à l’école ne se passent pas », déplore M. Pedro.

Puis, il tente une explication : « Les enseignants actuels n’ont pas été formés à utiliser la technologie, ils ont reçu une éducation traditionnelle. Plusieurs ne voient pas pourquoi ils devraient passer du temps pour utiliser les technologies dans leur classe ». Il en vient même à penser que les enseignants auront besoin d’incitatif pour les convaincre d’utiliser les technologies.

Actuellement, il constate une sorte de « panique sociale » face à l’intérêt des jeunes envers Internet. « Les écoles sont tout à fait perdus. Les enseignants ont peur du Web 2.0 et croient qu’ils vont perdre leur job à cause de cela. Pourtant, les interactions en face à face sont et seront toujours appréciées. » De plus, il rappelle que la preuve a été faite que la technologie renforce les liens sociaux.

Justement, plusieurs semblent avoir besoin de « preuve » avant d’embarquer dans le train de la technologie. « Nous n’avons peut-être pas encore de preuve académique, mais nous avons des preuves de changements sociaux. Cela devrait être suffisant. »

Une fracture sociale
Par ailleurs, après la facture numérique, M. Pedro note que la technologie est en voie de créer une fracture sociale. Il explique que, deux jeunes ayant le même potentiel, mais vivant dans des milieux socioéconomiques, n’auront pas le même rapport avec la technologie.

« Un jeune vivant en milieu aisé verra ses compétences progresser rapidement au fur et à mesure qu’il utilisera la technologie. Par contre, si vous êtes un jeune vivant dans un milieu difficile et que vous avez un ordinateur, vous n’aurez peut-être pas le capital social et intellectuel pour en tirer profit. » L’écart entre les jeunes des milieux socioéconomiques auraient donc tendance à s’accentuer.

D’où l’importance que les adultes appuient les jeunes dans leur découverte de la technologie et qu’ils ne les laissent pas seuls avec un outil entre les mains. « Ce n’est pas parce qu’un jeune à un ordinateur entre les mains qu’il développera des compétences pour devenir un meilleur citoyen, un meilleur travailleur. Il y a certaines compétences que seuls les adultes peuvent aider les jeunes à acquérir. Les adultes doivent aider les jeunes à devenir mature technologiquement. »

Finalement, il a conclut en rappelant que ce ne sera jamais l’utilisation de la technologie qui fera la différence, mais bien l’esprit des gens qui l’utilisent.

Les 20 et 21 octobre 2009 s’est tenu à Québec le Colloque international sur la Génération C, telle que définie par le CEFRIO, en présence de plus de 500 participants. Cette génération qui clique, créée, communique et coopère (d’où son nom « C ») rassemble les dirigeants de demain et constituera à court terme un véritable moteur de transformation des organisations.

Site du Projet «Les apprenants du nouveau millénaire»

Par Martine Rioux

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