Montréal - Depuis 2007, plusieurs jours par semaine, dans quelques quartiers de Montréal, on peut voir des élèves d’écoles primaires porter fièrement un t-shirt arborant « UNITÉ sans violence ». C’est grâce à l’initiative d’étudiants en techniques policières du Cégep de Sherbrooke, qui mettent en place dans ces salles de classe un programme novateur de sensibilisation à la violence.
Les responsables de ce projet sont venus le présenter au Colloque Francopol sur la cybercriminalité, qui s’est tenu à Boucherville les 28 et 28 avril derniers.
Dans une cinquantaine d’écoles des régions de Montréal et de Sherbrooke, ces étudiants et des agents du Service de Police de la ville de Montréal (SPVM) ont consacré plusieurs heures à sensibiliser des jeunes de 4e, 5e et 6e années aux différentes formes de violence et aux outils qu’ils ont pour y réagir.
« La clé de notre succès est la consolidation du sentiment d’appartenance des jeunes à leur groupe scolaire, explique Liette Picard, enseignante en Techniques policières et responsable du programme UNITÉ sans violence : exprimez-vous ! Nous leur demandons de signer un contrat de responsabilité envers leurs pairs. Et ça marche! » ajoute-t-elle.
L’objectif du projet est de transformer chaque classe en véritable « unité contre la violence ». Tous les élèves s’impliquent : l’enseignant planifie des rotations afin que chaque écolier y mette du sien au moins un jour par semaine.
Durant la journée où il porte son chandail « UNITÉ sans violence », les élèves doivent porter attention à ce qui se passe dans la cour d’école ; taxage, intimidation, violence verbale, psychologique ou physique sont leurs cibles. Ils doivent exprimer ce qu’ils observent et ils peuvent émettre un billet de récompense pour souligner les bons comportements dont ils sont témoins.
« Nous remettons un t-shirt à chaque élève, afin qu’ils soient bien identifiés dans la cour d’école, décrit Manon Vouligny, du SPVM. Sur le dos, il est écrit que celui qui porte ce chandail s’engage à ne pas accepter l’intimidation et les sites Web violents. Il y a ensuite deux espaces que le jeune doit remplir ; il peut y inscrire le racisme, les insultes, le vol, etc. Ce petit contrat est suivi d’une signature et est donc à la vue de tous.»
Selon Mme Vouligny, c’est exactement ce qui a fait la réussite du projet « UNITÉ sans violence » : l’implication personnelle de chaque écolier et de leurs enseignants. « La motivation des enseignants a fait notre succès. Le SPVM se présente en classe pour cinq rencontres, mais le programme sera exécuté tous les jours de l’année scolaire! » explique-t-elle.
Une étude effectuée pour connaître les impacts du projet a révélé une hausse marquée des dénonciations d’actes de violence par des témoins et une diminution significative de la violence physique à l’école.
« Toutes les écoles ont demandé de renouveler le programme après l’implantation, déclare Liette Picard. Nous sommes tellement en demande qu’on manque d’effectifs! » Les écoles ciblées en priorité par le projet « UNITÉ sans violence » en 2010-2011 seront donc les plus défavorisées.
Les frais déboursés par l’école pour l’organisation du programme sont de cinq dollars par élève ; la différence est financée par Info-Crime Québec et Info-Crime Montréal. Pour introduire le projet « UNITÉ sans violence : exprimez-vous! », contactez l’agent de police sociocommunautaire qui visite votre école.
Par Viviane De Repentigny
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