La relation parents-enseignants revue et améliorée – partie 2

Mercredi, 23 septembre, 2009 - 00:05

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La Pocatière – Qui dit rentrée scolaire, dit nouveaux élèves dans la classe et aussi nouveaux parents avec qui établir le contact. Si les premiers contacts se passent généralement bien, il peut arriver qu’en cours d’année, la relation se complique. Voici quelques trucs pour mieux faire face à des situations difficiles.

Détail: 

Pour relire la partie 1 : Quelques trucs pour bien entamer l’année.

Selon Marie-Josée D’Amours, psychoéducatrice, et André Deschênes, agent de réadaptation, il existe quelques règles d’or à respecter lors des échanges entre parents et enseignants. Garder une pensée positive et saine. Croire en la capacité du parent de choisir ce qui est le mieux pour son enfant. Respecter les valeurs du milieu dans lequel évolue chaque élève et mettre ses préjugés de côté. Signifier au parent qu’on a besoin de lui. Éviter la confrontation.

« Pour que la communication se passe le mieux possible, les enseignants devraient identifier les styles de parents de leur classe dès le début de l’année scolaire. Ils seront ainsi mieux préparés pour faire face aux situations plus tendues », disent-ils.

En fait, il existe quatre types de parents avec lesquels il peut être plus difficile de collaborer et de communiquer : le parent dépassé, le parent agressif, le parent invisible, le parent qui nie les difficultés.

Le parent dépassé
Il se dit impuissant, incompétent. Il a peu d’estime de lui-même. Il dit se sentir coupable des difficultés de son enfant. Il demande ouvertement de l’aide.

Devant lui, l’enseignant devrait se montrer empathique. Il a tout intérêt à valoriser le plus possible le parent (pour lui (re)donner confiance) : souligner ses efforts devant son enfant, le guider dans la recherche de solutions, suggérer des idées à sa portée en tenant compte de ses forces, tenter de l’impliquer dans l’école.

Le parent agressif
Il menace, il intimide, il injurie, il blâme l’autre. Il n’est pas ouvert à la discussion. Il a besoin de se protéger contre ce qu’il perçoit comme une menace à son intégrité de parent. Il ressent le besoin de faire porter sur autrui la responsabilité du problème.

« Avec ce type de parent, il est important de ne pas tomber dans le piège de l’argumentation, de la justification, de la confrontation. Il est essentiel de se montrer compréhensif et ouvert. Si la discussion ne mène nulle part, sachez que vous pouvez l’interrompre en suggérant de reprendre lorsque les esprits se seront calmés. »

« Comme le parent se sent menacé, essayer d’en faire votre allié. Dites-lui clairement que vous avez besoin de lui pour mieux interagir avec son enfant. Gardez un contact constant avec lui en le contactant autant lorsque ça va bien que lorsque ça va mal. Conservez des écrits sur les interventions réalisées auprès de l’élève et du parent. »

Le parent invisible
Il ne se présente pas aux rencontres, ne signe pas les feuilles de route, ne retourne pas les appels téléphoniques. Ce faisant, il peut arriver que son enfant se sente triste et coupable de sa non-participation.

« Dans ces contextes, l’enseignant est tenté de prendre l’enfant sur ses épaules. Comme il ne semble pas recevoir d’attention de ses parents, l’enseignant se considère comme un point de repère. Cela peut devenir lourd à porter », reconnaissent les deux intervenants.

L’important dans ces situations est de « ne pas abandonner » et de garder le contact avec les parents malgré tout. Envoyer des commentaires positifs dans l’agenda, garder un contact téléphonique (sans convoquer le parent), proposer une rencontre à la maison, valoriser le parent devant l’enfant. Si vous réussissez à parler au parent, déterminez avec lui d’un mode de communication à privilégier (agenda, téléphone, courriel, etc.) et la fréquence.

Le parent qui nie les difficultés
Il est toujours présent, mais il fait preuve d’agressivité envers l’école. Il met les problèmes sur le dos des autres, banalise les comportements de son enfant, dit que « c’est différent à la maison ».

L’enseignant se sent généralement attaqué par ce type de parent et peut avoir envie de se justifier. « Or, la meilleure façon de faire dans ces cas est de partir à la recherche de solution avec le parent en lui demandant ses trucs ». Proposez-lui une entente de type « Je comprends que…, mais pouvons-nous convenir de moyens pour intervenir ».

Demandez-lui son avis : « vous avez sûrement une façon d’intervenir à la maison ». Bref, prenez les trucs du parent et félicitez-le si cela fonctionne pour le soutien qu’il vous apporte. « Attention, cependant, le parent ne doit pas se sentir coincé et penser que vous voulez faire reposer le choix des interventions sur ses épaules. Il doit s’agir de décisions communes. »

Référence :
Rock Girard, psychologue et membre de l’équipe régionale de soutien TC à la Commission scolaire des Premières-Seigneuries

Les conférenciers ont présenté ces informations lors d’une journée-colloque à la Polyvalente de La Pocatière.


Par Martine Rioux
 

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