Les aides technologiques favorisent les apprentissages

Mercredi, 24 février, 2010 - 00:45

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Montréal – Madeleine Fauteux, conseillère pédagogique en adaptation scolaire à la Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys, croit aux vertus des aides technologiques. Elle utilise notamment le logiciel d’aide à la rédaction WordQ avec des élèves du 3e cycle du primaire et du secondaire, présentant un trouble d’apprentissage telles la dyslexie ou la dysorthographie.

Détail: 

Lorsqu’ils sont utilisés correctement, les outils technologiques peuvent aider un élève aux prises avec un trouble d’apprentissage à obtenir de meilleurs résultats et contribuer ainsi à sa réussite scolaire. Madeleine Fauteux relate l’histoire de Gabriel Vézina, un élève dyslexique ayant obtenu son diplôme d’études secondaires en 2008, malgré ses difficultés persistantes à l’école.

En 2002, Gabriel a été admis à l’école secondaire des Sources de la Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys. Quatre ans plus tard, la présence d’un trouble d’apprentissage lié à sa dyslexie a été repérée chez l’élève.

Ainsi, un plan d’intervention adapté a été mis en place durant sa 4e et 5e secondaire. Gabriel avait accès à un ordinateur portable muni des logiciels WordQ et Antidote. Il bénéficiait aussi de temps supplémentaire pour faire ses examens et d’un service de tutorat avec une enseignante.

Depuis janvier 2008, les élèves en trouble d’apprentissage peuvent utiliser les aides à l’écriture lors de la passation des épreuves ministérielles. Gabriel a été l’un des premiers élèves au Québec à pouvoir se servir de ces logiciels d’aide. Néanmoins, il a échoué l’épreuve ministérielle lors d’une première tentative. Toutefois, sa reprise des examens de lecture et d’écriture fut un succès.

« Certains intervenants scolaires perçoivent les aides technologiques comme des outils compensatoires et, en ce sens, limitant les apprentissages », déplore Mme Fauteux. Selon elle, les recherches indiquent plutôt que « les aides technologiques favorisent les apprentissages ».

À titre d’exemple, la recherche intitulée « L'erreur dans l'acquisition de l'orthographe » (Arnaud Rey, Sébastien Pacton et Pierre Perruchet, 2005) démontre que l’exposition aux erreurs d’écriture empêche l’élève de retenir l’orthographe correcte. Or, la fonction de prédiction de mots (comme dans le logiciel WordQ) réduit l’exposition à l’erreur et permet ainsi de développer d’autres aspects de l’écriture.

Ceci est d’autant plus pertinent pour l’élève dyslexique ou dysorthographique puisque sa faible mémoire de travail l’oblige à constamment chercher l’orthographe des mots, au dépend d’autres aspects de la rédaction, telle l’élaboration des idées, affirme Mme Fauteux.

Accompagnement pédagogique
Les aides technologiques sont utiles uniquement si l’élève reçoit un encadrement pédagogique adéquat. D’emblée, le choix de l’outil dépend des besoins spécifiques de l’élève. Ce choix doit être guidé par la connaissance des « processus d'apprentissage », précise Mme Fauteux.

L’élève et les enseignants doivent comprendre le fonctionnement de l’aide technologique et ses limites. Certains élèves « croient à tort que les correcteurs d’orthographe sont un peu magiques », raconte Mme Fauteux. Elle leur explique alors que le logiciel est dépourvu d’intelligence, contrairement à l’élève qui peut prendre une décision consciente.

Aussi, « aucun correcteur grammatical ne peut être fonctionnel si la ponctuation est absente », indique-t-elle. D’où l’importance pour les enseignants de « travailler la structure de phrase et la ponctuation », même avant d’entreprendre l’utilisation des logiciels.

Par ailleurs, la conseillère pédagogique constate que beaucoup d’enseignants se sentent démunis dans leurs interventions auprès d’élèves dyslexiques. Selon elle, la formation apportée devrait être « davantage en lien avec l’apport pédagogique que le soutien technique ».

Afin de rassurer les enseignants, Mme Fauteux demande parfois à l’élève de leur présenter ses outils. « Les enseignants voient que l’élève est autonome du point de vue technique. L’ordinateur est son crayon, tout simplement. » En effet, les élèves apprennent à utiliser les aides technologiques de façon autonome (impression, sauvegarde, organisation, etc.) dès le 3e cycle du primaire.

Madeleine Fauteux résume les conditions gagnantes d’une intervention :

1-Connaître les caractéristiques et les besoins de l’élève. Toujours avoir en tête les processus d'apprentissage.
2-Reconnaître que ce n’est pas juste l’outil qui fait toute la différence. La réussite de l’élève est en lien avec plusieurs facteurs.
3-Reconnaître que les outils technologiques sont des aides aux apprentissages et non pas des béquilles.
4-Réaliser un accompagnement pédagogique en parallèle.
5-Comprendre le principe de base et les limites des différentes fonctions d’aide.
6-S’assurer que les orthopédagogues doivent travailler de pair avec les enseignants afin de maximiser l’exploitation de l’outil et de permettre le transfert en classe.

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