L'usage des technologies à l'école primaire et secondaire

Jeudi, 29 octobre, 2009 - 00:32

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Québec - L'usage des technologies à l'école primaire et secondaire a été passé sous la loupe lors d'un atelier présenté au colloque Génération C du CEFRIO. Le constat de départ: l'école a un énorme retard technologique à reprendre. Si l'usage des technologies fait partie du quotidien (75% des jeunes canadiens savent naviguer sur Internet dès 7 ans), cela est loin d'être le cas à l'école.

Détail: 

Selon François Guité, coordonnateur du Réseau d'information pour la réussite éducative (RIRE) du CTREQ, le phénomène actuel est une question de culture. « Les jeunes n'ont pas attendu après l'école pour s'approprier les technologies. Ils ont soif d'apprendre et ils ont trouvé de nouveaux moyens d'apprendre. »

La preuve: la technologie agit comme puissant motivateur pour les jeunes. « Ils ont découvert qu'ils peuvent avoir le contrôle sur leur apprentissage. L'ordinateur devient un outil d'apprentissage pour eux.»

Or, ce sentiment de contrôle est justement la cause de plusieurs frictions dans les écoles. Les élèves, qui ont gagné du contrôle dans leur vie en général en raison de l'usage de la technologie, le perdent une fois dans la salle de classe. « L'école est habituée d'avoir le contrôle et souhaite bien le garder. »

Le changement ne se fera pas aussi rapidement que certains voudraient le voir arriver. M. Guité se dit particulièrement inquiet de constater que les universités n’ont pas adapté leur formation des maîtres en fonction de la technologie. « Les futurs enseignants ont une très faible connaissance de la culture de la technologie. On les forme avec des anciennes méthodes d’enseignement. »

Pourtant, « l’apprendre à apprendre ne suffit plus. Il faut maintenant apprendre à désapprendre, puis réapprendre parce que tout change extrêmement rapidement ». Il devient donc nécessaire de revoir les façons de faire dans les écoles. « D’autant plus qu’il semble que le système scolaire ait atteint un plateau sur le plan de l’efficacité. Peu importe les sommes investies dans le système, le taux de réussite ne change plus », souligne-t-il. « L’argent dépensé dans des solutions traditionnelles donnera toujours des résultats traditionnels. »

Certains changent
Certains éducateurs ont bien compris que le milieu scolaire doit s’adapter à la réalité des élèves qui se retrouvent devant eux. Le Centre d’apprentissage du Haut-Madawaska, situé à Clair au Nouveau-Brunswick, est maintenant considéré comme un laboratoire de projets technologiques en éducation.

Pour le directeur, Roberto Gauvin, il est certain que cela demande un investissement de temps et d’énergie pour mettre en place de nouveaux projets. Pourtant, il n’hésite pas à le faire. « Le monde ne va pas attendre que les enseignants soient prêts pour la technologie. Les enseignants doivent apprendre à sortir de leur zone de confort. La technologie avance, fait partie du quotidien et les élèves auront besoin de la maîtriser une fois adulte », dit-il.

Trop souvent encore, on lui demande des preuves que « la technologie, ça marche », que les élèves de son école ont de meilleurs résultats scolaires. « Il y a des compétences qu’ils acquièrent qui ne se mesurent pas dans des examens du ministère. » Du reste, il est convaincu que l’utilisation de la technologie motive les élèves et leur permet de s’engager davantage dans leurs apprentissages.

Pour sa part, Ronald Canuel, directeur général de la Commission scolaire Eastern Township, est venu défendre l'ouverture de sa commission scolaire pour les technologies. « On n'a pas dépensé, on a investi dans nos jeunes et dans notre communauté, » répondit-il systématiquement à ses détracteurs. Rappelons qu’en 2003, la commission scolaire a fait l’acquisition d’ordinateurs portables pour l’ensemble des élèves et du personnel.

« Je ne suis pas un technologue, je suis un enseignant, je suis un militant pédagogique et je crois que la technologie est un outil qui permet aux jeunes de s’engager, qui leur offrira un plus pour l’avenir. Je ne me pose pas de question sur le comment, je juge que l’ordinateur est un outil pertinent aujourd’hui et j’ai offert cet outil aux élèves. Personne ne se demande si c’est pertinent d’avoir des crayons et des manuels dans une école. »

D’après lui, il y aura toujours 10 à 15% de personnes plus réfractaires au changement dans les organisations. « En éducation, il ne faut surtout pas s’arrêter à ceux-ci. Il faut simplement penser offrir le meilleur environnement possible aux jeunes. »

-La présentation de M. Gauvin

Par Martine Rioux

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