Québec - L’Association québécoise pour l’enseignement en univers social (AQEUS) a mis en ligne la semaine dernière son Manifeste pour l’univers social, un manifeste qui dénonce entre autres le manque de ressources technologiques mises à la disposition des enseignants et des élèves en univers social.
Ce manifeste vise avant tout à informer le public des enjeux auxquels font face les enseignants en univers social, que l’on appelait auparavant sciences humaines.
Pour la présidente de l’AQEUS, Lise Proulx, le moment est très bien choisi pour lancer le manifeste puisque « beaucoup de choses se disent présentement dans les médias et que la situation mérite d’être clarifiée pour le public, particulièrement en ce qui concerne les différences entre les connaissances et les compétences. »
Mme Proulx précise que pour l’AQEUS, l’évaluation des connaissances et des compétences doit se faire de manière complémentaire. « Le renouveau pédagogique mise sur les compétences parce qu’on a réalisé que le taux de rétention n’était pas assez élevé lorsqu’on mise uniquement sur les connaissances. », explique-t-elle. Or, selon la présidente, « le ministère de l’Éducation n’est pas toujours en accord avec lui-même et ses directives sont de plus en plus complexes. »
C’est pour clarifier le langage pédagogique pour le public que le conseil d’administration de l’AQEUS a choisi de rédiger le manifeste. L’AQEUS représente environ 450 membres, principalement des enseignants et des conseils pédagogiques qui travaillent en histoire, en géographie ou pour le nouveau programme Monde contemporain.
En plus de réclamer l’intégration des connaissances aux programmes d’enseignement, le manifeste demande que l’on enseigne l’éducation citoyenne de manière non-partisane. « Il est très important que les élèves puissent se faire leur propre opinion à partir de différentes idées », explique Mme Proulx. Même si cela est déjà inscrit dans le programme, la présidente croit que cette idée doit être renforcée.
L’AQEUS exige aussi que les évaluations du ministère de l’Éducation soient en accord avec les programmes d’enseignement. « On a vu des choses tordues, explique Mme Proulx. Malgré les changements dans l’évaluation annoncés récemment par la ministre, nous n’avons reçu aucune indication écrite de sa part. »
L’accès à du matériel pédagogique mieux adapté à l’univers social est un autre cheval de bataille de l’AQEUS. Si des budgets ont été alloués pour l’achat de manuels scolaires, il n’y a rien eu pour acheter des cartes, des globes terrestres ou du matériel informatique.
« Nous avons besoin de matériel plus technologique, comme des ordinateurs, des tableaux blancs interactifs et des projecteurs pour entrer dans le monde des élèves. Ils sont à l’aise de travailler avec ces outils », explique la représentante de l’AQEUS.
Elle souligne aussi qu’Internet est aujourd’hui un soutien essentiel à l’apprentissage et que les enseignants doivent y avoir accès pour montrer aux élèves comment chercher et discriminer les bonnes des mauvaises sources.
Finalement, Lise Proulx regrette que les budgets spéciaux alloués pour la formation continue des enseignants dans le cadre du renouveau pédagogique n’aient pas été prolongés. Selon elle, les enseignants du deuxième cycle au secondaire ont eu moins de temps que les autres pour se former, alors qu’il y a sans cesse de nouveaux outils à apprivoiser.
Par Marie-Philippe Gagnon-Hamelin
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