Québec – Les écoles de la province ne s’entendent pas sur le moment où les élèves doivent apprendre à écrire en lettres attachées. Parfois, ils le font dès la première année, d’autres fois, ils ne l’apprennent qu’en 3e année. Pourtant, de plus en plus d’arguments penchent vers l’apprentissage de « la cursive » le plus tôt possible.
À la Commission scolaire Kamouraska-Rivière-du-Loup, de plus en plus d’enseignantes de 1re année choisissent de présenter immédiatement l'écriture cursive à leurs élèves. À la commission scolaire du Val-des-Cerfs, dans certaines écoles, l’apprentissage de l’écriture cursive ne se fait qu’en 3e année.
Pourquoi cette disparité? Après avoir émis un avis pour exiger que l’écriture cursive soit enseignée dès la première année en 1994, le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport du Québec a résilié cet avis en 2000 avec le début de l’implantation de la réforme. Depuis, ce sont les écoles, et même les enseignants eux-mêmes, qui décident de la méthode préconisée.
Cela n’est pas sans causer certains désagréments, notamment lorsque des élèves changent d’école d’une année scolaire à l’autre. Geneviève Doray, par exemple, est la maman d’une fillette souffrant de dyspraxie, qui affecte la motricité. Ayant décidé de changer sa fille d’école, elle a appris que les enfants de la nouvelle école avaient déjà appris l’écriture cursive. Ne voulant pas que sa fille prenne du retard sur les autres, elle a décidé d’enseigner cette écriture à sa fille au cours de l’été.
Heureusement, elle a été surprise par la facilité avec laquelle sa fillette a appris cette méthode d’écriture. Bien sûr, elle reconnaît qu’il y a eu quelques grincements de dents, mais à la fin de l’été, sa fille maîtrisait l’écriture cursive.
Elle a débuté l’apprentissage par la reproduction de patrons (modèle de lettres cursives), afin de pratiquer le geste d’écriture. Puis, l’écriture de mots a suivi normalement. « C’est une forme d’écriture qui rejoint le dessin. Le mouvement est fluide. Chaque mot est vraiment séparé des autres, ce qui facile la compréhension et la relecture », dit-elle.
« L’écriture cursive donne une écriture plus mature et soignée. Elle est aussi plus personnalisée. » Selon elle, maintenant que sa fille sait bien écrire, elle peut porter son attention sur d’autres aspects de la rédaction.
Une observation corroborée par la graphopédagogue Graziella Pettinati, qui a mené des expérimentations sur l’écriture cursive dans des écoles primaires de Ste-Foy : Puisque les élèves maîtrisent bien le geste graphique d’écrire, ils peuvent se concentrer sur d’autres aspects de l’écriture (orthographe, grammaire, structure de phrase, etc.).
Mme Pettinati défend ardemment l’apprentissage de l’écriture cursive dès la première année, et donc comme première façon d’écrire. « Contrairement à la croyance populaire, l’écriture cursive [lettres attachées] est plus facile à apprendre que la scripte [lettres détachées], puisqu’elle s’appuie sur le mouvement, le geste naturel et continu de la main avec le crayon », a-t-elle déjà confié à l’Infobourg.
Déjà paru sur l’Infobourg :
-Le plaisir de bien écrire
-L’écriture cursive dès la première année
En complément :
-Écriture cursive sur le TBI
-Cursivécole
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