C’est du moins ce qu’affirme
Hervé Fisher, un homme aux multiples talents qui, par ses livres et ses recherches, a su marier nouvelles technologies, culture, arts et commerce. Il est notamment le fondateur du
Marché international du multimédia de Montréal.
M. Fisher ne croit pas que les gens en viendront un jour à vouloir lire un livre uniquement sur un écran d’ordinateur, pas plus qu’il ne croit que l’ardoise électronique (e-book) pourrait remplacer le livre papier. Cette sorte d’écran électronique qui serait de la même forme que le livre papier que nous connaissons aujourd’hui est trop peu pratique et il relève d’un monde utopique, selon lui.
Par contre, il croit à l’arrivée de nouvelles formes d’expressions culturelles qui utiliseront le multimédia (son, image, vidéo, etc.), parce que le numérique « excite l’imaginaire de tous ».
Il est d’ailleurs convaincu que nous ignorons encore totalement toutes les possibilités qui s’ouvriront à nous grâce à l’avènement du numérique. « Internet permet à tout le monde de s’exprimer de la façon qu’il désire. Nous n’avions pas ces possibilités avant. Bien sûr, nous ne savons pas encore où tout cela nous mènera, mais l’important c’est que ça bouge », a-t-il soutenu lors d’une conférence présentée dans le cadre du
Salon international du livre de Québec.
Il salue d’ailleurs toutes les initiatives « numériques » qui sont prises un peu partout dans le monde : des écoles qui font des programmes spéciaux où les élèves travaillent uniquement sur un ordinateur jusqu’aux tribus africaines qui présentent leur culture sur des pages web. Bref, avec le numérique, il n’y a plus de limite. « Le plus petit projet local peut se faire connaître à travers la planète », soutient-il. Simplement par la magie du bouche à oreille : « Eh, as-tu vu tel site? »; ou par les moteurs de recherches « qui deviendront de plus en plus efficaces ».
Mais, l’univers du multimédia est aussi un univers un peu surréaliste, qu’on a « tendance à sur-valoriser en ce moment » et qui est parfois éloigné de « la vraie vie ». Les enfants qui grandissent dans cet univers arriveront-ils à faire la part des choses, les adultes réussiront-ils à leur transmettre leurs valeurs terre-à-terre de la vie de tous les jours?, s’est inquiétée une dame dans l’assistance.
Pour M. Fisher, il ne fait aucun doute que « les enfants du multimédia » ne perdront pas la notion du réel, qu’ils grandiront parallèlement aux deux mondes. « Bien sûr, ils sont attirés par cet univers et certains deviennent même accros. Malheureusement, on ne peut rien y changer, mais les études démontrent qu’ils finissent toujours par retomber les deux pieds sur terre. Il faut leur faire confiance », a-t-il conclut.
Par
Martine Rioux