Comment se transpose « l’effet enseignant » dans un contexte numérique

Christine Hamel, professeure à l’Université Laval, a présenté une conférence intitulée « L’effet enseignant dans un contexte d’usage du numérique en classe et à distance » dans le cadre de la plus récente session de transfert de l'École en réseau. En voici les grandes lignes.

Christine Hamel, professeure titulaire au Département d'études sur l'enseignement et l'apprentissage de l’Université Laval, a récemment présenté une conférence intitulée « L’effet enseignant dans un contexte d’usage du numérique en classe et à distance ». En voici les grandes lignes.

D’entrée de jeu, la professeure Hamel a voulu rassurer son auditoire :

Oui, l’enseignant peut avoir un effet important sur la réussite de ses élèves, mais il ne doit pas se mettre trop de pression sur les épaules non plus. Tous les acteurs du milieu scolaire ont un rôle à jouer pour amener les jeunes vers la réussite. 

Christine Hamel

Depuis mars dernier, avec l’accélération de l’usage du numérique en éducation, l’effet enseignant s’est quelque peu transformé. « Alors que l’usage de la vidéoconférence était encore marginal au début de l’année, elle est devenue une pratique normale pour la majorité. Cependant, on peut dire que l’écran fait encore écran. Il y a un défi de rendre l’interaction optimale pour favoriser la transmission des savoirs », dit-elle.

En effet, comment l’enseignant peut-il repérer les élèves qui ne comprennent pas ou qui n’osent pas poser de question derrière l’écran? Comment peut-il s’assurer de bien suivre chacun à distance? Quelles seront les pratiques à adopter pour maximiser l’organisation de l’enseignement-apprentissage ou pour encadrer le travail collaboratif?

Dans ce contexte, Mme Hamel a partagé ses observations, largement inspirées de son expérience avec l’École en réseau, qui compte une vingtaine d’années d’existence. 

  • Les activités doivent être significatives pour réellement soutenir l’engagement des élèves. Miser sur les travaux créatifs et collaboratifs plutôt que sur la transmission magistrale de contenus.
  • Les élèves ont besoin d’interagir avec l’enseignant de façon individuelle. Prévoir des moments pour discuter un à un avec les élèves et miser sur les rétroactions constructives qui vont soutenir l’apprentissage. 
  • Les élèves ont aussi besoin d’interagir avec leurs pairs. Trouver des façons de faire travailler les élèves ensemble. Cela représente un grand défi de l’enseignement à distance, mais il ne devrait pas être négligé. 
  • Les outils numériques peuvent soutenir les apprentissages s’ils sont utilisés pour améliorer une activité d’apprentissage et non pour la reproduire « comme avant ». Revenir à l’intention pédagogique : tout n’a pas à être numérique même si on est à distance.
  • Écrire pour apprendre : faire écrire davantage les élèves pour qu’ils laissent des traces de leurs apprentissages, sans que ce soit corrigé et noté. Leur demander d’écrire de façon spontanée, même si c’est en format texto, pour qu’ils s’expriment et partagent davantage. 

L’effet direction

À la suite de la présentation de la professeure Hamel, Virginie Hallahan Pilotte, directrice à l’école St-Joseph de La Baie et à l’école St-Félix de Saint-Félix-d'Otis, a témoigné de son rôle afin de faciliter l’effet enseignant. Selon elle, il est possible de transposer les observations de Mme Hamel dans sa relation avec son équipe-école. « Mes enseignants sont mes apprenants et je dois les accompagner dans leur propre cheminement professionnel, notamment dans l’appropriation du numérique ».

Mes enseignants sont mes apprenants et je dois les accompagner dans leur propre cheminement professionnel, notamment dans l’appropriation du numérique. 

Virginie Hallahan Pilotte, directrice d'établissements scolaires

La conférence de Christine Hamel faisait partie de la programmation de la Session de transfert de l’École en réseau, qui s’est tenue les 8 et 9 octobre dernier. 

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Par Martine Rioux
L'École branchée