La flexibilité, ce n'est pas seulement une chaise tulipe

Il n’y a pas si longtemps, lorsqu’on me parlait d’une « classe flexible », je m’imaginais une classe remplie de ballons, de tables hautes et de chaises-tulipes. J’imaginais une classe où l’élève pouvait choisir son assise. Ça s’arrêtait là. 

Grâce à Marius Bourgeoys et son article La classe « flexible »? et au CréaCamp de Neufchâtel, ma vision a évolué et je me suis rendu compte que c’est dans mon enseignement même que je peux démontrer de plus en plus de flexibilité, et ce, même si je n’ai aucun mobilier de ce type!

C’est quoi ça, la flexibilité en enseignement?

Comme le mentionnait Nancy Guérette, facilitatrice lors de notre atelier au CréaCamp, la flexibilité part du fait que l’on accepte de perdre le contrôle de sa classe pour favoriser l’apprentissage des élèves. Une perte de contrôle du point de vue des apprentissages et non du point de vue de la gestion de classe. On nous proposait un modèle selon lequel l’enseignant lâche prise sur la méthode pédagogique afin de permettre à l’élève de construire lui-même son savoir à l’aide des méthodes de son choix (que l’on peut toutefois lui modéliser!).  

Quel est le rôle de l’enseignant alors? Celui de guide, d’accompagnateur et de spectateur. Donnons à nos élèves les ressources nécessaires, mais laissons-les puiser dedans. Suivons-les dans leurs apprentissages afin qu’ils restent dans le bon chemin et soyons fiers lorsqu’ils nous surprennent et apprennent par eux-mêmes. La flexibilité, ça repose sur une conception, et non sur les meubles dans la classe. 

Concrètement, comment y arriver?

Tout d’abord, il est pertinent de favoriser la collaboration des élèves. Placer les bureaux en îlots, créer des cercles de discussions ou encore laisser les élèves s’installer à plusieurs dans un autre local ou dans un coin de la classe afin qu’ils discutent et développent ensemble sont de bons exemples de flexibilité. Cependant, il est important de savoir que de laisser les élèves créer et apprendre ensemble, ça fait du bruit. Si vous êtes adepte d’une classe silencieuse, voici un excellent moment de vous créer une nouvelle zone de confort dans l’inconfort!

Ensuite, il peut être intéressant d’intégrer à son enseignement des plans de travail. Afin de mettre sur pied un plan fonctionnel, il est important de cibler les compétences et les apprentissages en lien avec le programme et la progression proposés par le gouvernement. N’ayons pas peur de dire aux élèves ce qu’on veut qu’ils développent et ce sur quoi ils seront évalués, s’ils le sont. La transparence est une précieuse attitude à développer, car il est ensuite plus facile de voir si les élèves ont appris ou non. Ils comprennent le jargon plus qu’on le pense! Pour les ressources à y insérer, pensons aux élèves en difficulté, à ceux plus forts et à ceux dans la moyenne afin de couvrir le plus grand éventail de types d’apprentissages possibles. Idéalement, on essaie que la majorité puisse atteindre les objectifs!

Pour ma part, en m’inspirant de Nancy Guérette, j’ai élaboré un plan de travail dans lequel j’insère les objectifs d’apprentissages présents dans la progression des apprentissages ainsi que ceux que je fixe moi-même. Dans la colonne suivant celle des objectifs, je liste des ressources. Les élèves consignent ensuite leurs apprentissages (notes) sous forme de sketchnote ou encore de schéma sur le médium de leur choix (application ou papier). Cette démarche les guide vers une évaluation représentative des connaissances qu’ils ont acquises. 

Dernièrement, laissez la créativité des élèves travailler au profit de leurs apprentissages. Proposez-leur plusieurs plateformes, applications, endroits pour travailler et matériaux. Par exemple, Nancy nous disait qu’elle permettait aux élèves d’écrire sur les bureaux, dans les fenêtres, sur le tableau et même sur les murs à l’aide de crayons effaçables. Plus ils ont de l’espace pour créer, développer, plus ils en prennent. Si vous pensez davantage au côté techno, imposer des applications peut nuire au déploiement de la créativité. Les outils numériques doivent être un chemin et non une fin, donc laisser la liberté à l’élève de choisir ce avec quoi il est le plus à l’aise est un bon moyen de le rendre autonome!

Le dernier conseil que j’aimerais vous donner, c’est d’y aller à votre rythme et avec ce qui vous ressemble. La flexibilité ne se démontre pas de la même façon chez chaque enseignant, dans chaque classe. Ne vous comparez pas, soyez fier de vous!

Envie d’en savoir plus sur la classe flexible? Carrefour éducation vous propose son guide sur l’aménagement flexible

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Par Laurie Couture, l'École branchée