La taxonomie de Bloom et l’évaluation à distance

Comment l'intention pédagogique peut-elle vous aider à évaluer les élèves, autant en classe qu'à distance? Voici une stratégie à adopter qui se base sur la taxonomie de Bloom. 

L’évaluation à distance représente un véritable défi pour de nombreux enseignants. Lors du CréaCamp du 25 septembre dernier, Sylvain Desautels, spécialiste en technopédagogie chez Chenelière Éducation, a facilité un atelier pour mieux outiller des enseignants à cette fin. Nous nous sommes entretenus avec lui pour en savoir plus.

« C’est important de prendre le temps de réfléchir à l’évolution des pratiques d’évaluation. Pendant l’atelier, je me donne un rôle de mentor pour accompagner les enseignants dans ce cheminement », dit M. Desautels.

Il présente d’abord la taxonomie de Bloom, qui « permet de situer les actions et les interventions selon le degré de complexité, et de pouvoir déterminer si elles appartiennent aux connaissances ou au développement des compétences ». En se basant sur ce modèle cognitif, on peut appréhender différents niveaux d’évaluation et leurs critères. On se demande souvent comment éviter la triche? « On peut inverser la question, estime M. Desautels. Que voulez-vous évaluer et comment vous assurer que vos élèves ont atteint l’objectif pédagogique énoncé dans votre intention pédagogique? Si l’examen final n’est qu’un test de connaissances et que le seul critère d’évaluation est que la réponse donnée est celle qui devait être mémorisée, on reste dans le bas de la taxonomie de Bloom et il est facile de tricher. » 

Tendre vers les niveaux supérieurs, lorsque le risque d’erreur chez l’élève est faible et qu’on utilise les stratégies appropriées, permet de mettre en place des situations d’apprentissage plus efficaces pour apprendre selon lui.

L'intention pédagogique comme appui

Sa prémisse de départ est que toute pratique évaluative doit s’appuyer sur une intention pédagogique claire, que l’examen se déroule en classe ou à distance. 

Au cours de son atelier, il amène les participants à formuler une intention pédagogique à communiquer aux élèves. Un exemple : à la fin de cette période, l’élève sera en mesure de [verbe infinitif de votre choix].

Ensuite, à partir de cette intention, il est possible de construire une grille d’évaluation à cinq échelons, tel que démontré dans les échelles de niveaux de compétences proposées par le ministère de l’Éducation. Sylvain invite les enseignants à partager l’intention pédagogique et la grille d’évaluation à l’avance avec les élèves, peu importe la nature de l’examen (test diagnostique, test formatif ou test sommatif). Ainsi, l’élève peut se situer par rapport aux attentes, cela peut le guider dans sa préparation et réduire son niveau de stress. « Le plus difficile est généralement de trouver les bons termes pour décrire où se situe le seuil de réussite. Qu’est-ce qui fera la différence entre un succès et un échec? ».

Le choix d’un outil

Après avoir complété ces premières étapes, l’enseignant peut choisir la forme de l’examen et le bon outil pour le réaliser. « C’est le moment de se poser d’autres questions. Peut-on donner une latitude dans la production : texte écrit, enregistrement vidéo, sonore? La tâche doit-elle être réalisée en direct ou en différé? L’intention pédagogique, encore ici, doit guider chaque réponse ».

 Pour continuer la réflexion, on vous invite à lire notre dossier réalisé conjointement avec École branchée, intitulé Pour une réévaluation de l’évaluation ou alors cette vidéo sur la taxonomie de Bloom.

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Par Martine Rioux
L'École branchée