L'école de la nature, pour cultiver la curiosité naturelle de nos élèves

Le 16 août dernier se tenait le CréaCamp Ottawa organisé par le Centre franco-ontarien de ressources pédagogiques (CFORP) en collaboration avec École branchée dans un lieu pour le moins original : une cabane à sucre! Une trentaine de professionnels de l’éducation provenant de l’Ontario et du Québec se sont ainsi réunis au Muséoparc de Vanier à Ottawa pour explorer, découvrir, réfléchir et développer de nouvelles approches pédagogiques.

Après une découverte historique du lieu d’accueil (un des rares musées francophones hors Québec au Canada et bastion francophone en Ontario), il a fallu faire un choix parmi les quatre ateliers proposés par l’équipe de facilitateurs :

  • L’école de la nature, pour cultiver la curiosité naturelle de nos élèves avec Julie McLean et Valérie Major
  • Une idée derrière la tête avec Dominic P. Tremblay
  • Les maths comme vous ne les avez jamais connues! avec Jules Bonin-Ducharme
  • Et si on construisait à partir des passions de nos élèves avec Élaine Lucas et Sylvie Labrèche

Mon choix s’est arrêté sur l’école de la nature. Pourquoi ce choix? Je suis technopédagogue au Conseil des écoles catholiques du Centre-Est (CECCE) à Ottawa, c’est-à-dire que j’accompagne les usages des outils numériques des enseignants en salle de classe. La philosophie des CréaCamp étant de pouvoir découvrir de nouvelles pratiques et oser prendre part à des expériences qu’on ne vivrait pas forcément au quotidien, de développer sa créativité et de pouvoir retourner ensuite exercer, riche de ces nouvelles connaissances, je me suis dit que sortir justement de la salle de classe pouvait être très enrichissant pour mes propres pratiques.

Ma participation à cet atelier me permettait ainsi d’avoir une double posture : 

  • comme participante active en vivant pleinement l’expérience; 
  • comme technopédagogue observatrice en réfléchissant comment, dans ce contexte, je pouvais éventuellement intégrer des outils numériques.

L’apprentissage par enquête en nature permet de faire des liens et d’explorer différents domaines, mais dans un « espace classe » qui n’est pas cloisonné : arts, sciences, numératie, littératie... La curiosité naturelle est exacerbée et les sens sont en éveil au contact de la nature.

Cette approche encourage également le développement de la résilience en s’adaptant aux changements (climatiques par exemple), en surmontant les difficultés, en développant des habiletés, mais également en favorisant l’autonomie des élèves, la collaboration et le développement du leadership.

Quel intérêt pédagogique dans l’intégration d’outils numériques dans un contexte de classe nature?

Dès la présentation de la thématique dans la cabane à sucre, j’ai pu constater que les facilitatrices avaient recours à un ou des outils numériques, car, pour susciter l’envie de participer, elles présentaient un petit film sur les expériences des élèves.

J’ai donc voulu en savoir plus et lorsque je suis allée les interroger, l’une d’elles m’a dit : « photos, prise de notes, le numérique je ne peux pas m’en passer. C’est important pour recueillir les preuves d’apprentissage ».

 

Ces fameuses preuves d’apprentissage! En Ontario, le ministère de l’Éducation met à disposition des conseils scolaires un Environnement d’apprentissage virtuel (EAV), qui nous permet entre autres de recueillir des preuves d’apprentissage. Par le biais de l’outil Portfolio, les élèves peuvent ainsi recueillir leurs preuves qui sont immédiatement intégrées à leur espace virtuel et validées par l’enseignant qui peut également y faire des observations. L’idée d’avoir une ou des tablette(s) à disposition des élèves par exemple peut ainsi permettre de prendre des photos.

D’autres usages peuvent également se dégager directement durant une séance : certaines applications permettent de connaître le nom des fleurs ou des arbres de manière immédiate ou encore de faire des recherches en ligne. Néanmoins, il faut dans ce cas prévoir une borne permettant d’accéder à un réseau internet. Ces actions peuvent donc être différées lors du retour dans le lieu physique doté du réseau.

Grâce à une tablette, il est également possible d’enregistrer des sons de la nature : chant des oiseaux, bruits de pas dans les feuilles en automne, vent dans les arbres, tout autant de sons réutilisables par la suite pour des séquences sonores. Un seul outil pour plusieurs applications.

Lors des échanges avec les facilitatrices, elles me faisaient part également d’une expérience d’enquêtes vidéo réalisées par les élèves. On peut ainsi imaginer aller plus loin dans les usages par la réalisation de reportages vidéo, d’émissions radio ou encore de podcasts. Ces possibilités favorisent le développement de la prise de parole des élèves, mais également des retours d’expérience par l’écrit (notamment par le biais d’un « cahier d’écrivain » en ligne ou papier).

Nous avons également eu l’occasion d’échanger sur les usages des réseaux sociaux. Ainsi une des facilitatrices, en utilisant Twitter pour présenter un projet mis en place suite à la lecture d’une histoire, a eu un retour par l’auteure elle-même, début d’échanges qui ont finalement permis aux élèves de la rencontrer! Une très belle expérience.

Voilà donc un aperçu de cette journée de CréaCamp. Je vous souhaite de vivre des journées aussi riches et intéressantes. Les multiples échanges et les différents retours d’expériences durant toute la journée permettent une réelle plus-value du travail entre pairs et du rôle central des facilitateurs! 

À bientôt pour une prochaine édition!

--
Par l'École branchée