Apprendre à circuler sur Internet - Un enjeu pour la sécurité et l’éducation des jeunes

Circuler sur cette « autoroute de l’information », comme sur toute autre route, comporte sa part de risques.

 

Par Brigitte Vandal

CyberAlliée inc. Services linguistiques et éducatifs

7 mai 2007

Mis à jour par André Cotte, le 2 mars 2011 et le 30 octobre 2014

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Introduction

Qu’on en soit ou non un utilisateur assidu, force est de reconnaître qu’Internet et ses dérivés technologiques occupent une place importante dans notre société moderne. Fabuleux outil de communication, gigantesque bibliothèque virtuelle, puissant moyen de diffusion, instrument de mise en réseau des individus, Internet est un point de rencontre planétaire ouvrant grandes les portes sur les ressources, informations, opinions des habitants des quatre coins du Monde. Circuler sur cette « autoroute de l’information », comme sur toute autre route, comporte sa part de risques. Or, dans la réalité, pour prendre l’autoroute seul, il nous faut un permis de conduire qui certifie que nous avons les compétences et la maturité de le faire de façon sécuritaire pour soi et pour les autres. Au Québec, un jeune peut entamer les procédures pour l’obtention d’un tel permis à compter de ses 16 ans. Le permis ne lui sera toutefois livré qu’après une période d’apprentissage de quelques mois, période pendant laquelle il sera accompagné d’un conducteur expérimenté. Qu’en est-il d’Internet? 

 

Bien sûr, il n’est pas nécessaire de détenir un permis quelconque pour y naviguer. Pourtant, l’utilisation d’Internet n’est pas sans danger. Il n’y a qu’à penser aux nombreux cas de pédophilie largement diffusés dans les actualités pour s’en convaincre. Tout parent apprend à son enfant à traverser prudemment la rue, à y circuler à pied ou à bicyclette, à se méfier des inconnus qu’il y rencontrera, etc. Pourquoi en serait-il autrement d’Internet, reproduction virtuelle non seulement de notre société, mais du monde entier?

 Dans le confort du foyer

L’accompagnement des enfants et des jeunes dans leur apprentissage de l’Internet, et des médias en général, est une affaire de société. Quiconque vit avec des jeunes ou œuvre pour eux directement ou indirectement, qu’il soit parent, enseignant, intervenant ou même webmestre devrait se soucier de leur sécurité tant dans la vie réelle que dans le monde virtuel que constitue l’Internet. Les parents sont de par nature les premiers tributaires de l’éducation de leur progéniture, vient ensuite l’école. Le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport (MÉLS) reconnaît d’ailleurs ce rôle d’éducation aux médias par sa prise en compte dans les domaines généraux de formation du Programme de formation de l’école québécoise:

« Nombreux, omniprésents et divers, les médias occupent une large place dans la vie quotidienne des enfants. La presse, les livres, les audiocassettes, les vidéos, les émissions de radio et de télévision, les jeux multimédias, Internet, la musique, etc., constituent une dimension importante de leur univers culturel et leur donnent accès à un monde de connaissances et d’impressions qui demandent à être canalisées. Ils contribuent aussi au développement de leur personnalité et influencent leurs choix de valeurs. Soucieuse de former des citoyens libres, autonomes et responsables, l’école doit donc entraîner les élèves à prendre une distance critique à l’égard des médias, à percevoir l’influence qu’ils exercent sur eux et à faire la distinction entre les situations virtuelles et les situations réelles. »

Il n’en demeure pas moins que plusieurs adultes se sentent dépassés par ces nouvelles technologies que les plus jeunes générations ont faites leurs en moins de deux. Ajoutons à cela la rapidité avec laquelle ces technologies évoluent et l’on comprendra facilement pourquoi certains parents et enseignants pourtant bien intentionnés se sentent impuissants ou incompétents à aider adéquatement leurs jeunes. À ces parents et enseignants, particulièrement, nous dédions ce dossier consacré à la sécurité des jeunes sur Internet.

Dans un premier temps seront présentées les principales technologies utilisées par les jeunes. Par la suite, l’accent sera mis sur les dangers inhérents à une utilisation non prudente par cette même clientèle de ces technologies. Qui dit « dangers » dit « conséquences possibles », ainsi l’avant-dernière partie de ce dossier s’attardera sur les impacts que pourraient subir les jeunes internautes à court et à long terme s’ils avaient à faire face à ces dangers. Enfin, nous fermerons le dossier par des conseils et des moyens concrets pour bien accompagner les jeunes dans leur apprentissage de l’Internet.

Quoique l’accent soit mis sur l’aspect menaçant d’Internet, nous considérons qu’il s’agit là d’un outil formidable aux utilités indéniables. Comme tout outil, il faut d’abord apprendre à s’en servir adéquatement pour en tirer le maximum et éviter les accidents fâcheux.

Quelles ressources d'Internet les jeunes exploitent-ils?

Internet, c’est bien plus que la simple consultation de pages Web sur son ordinateur. Internet, c’est le réseau des réseaux, le lien invisible entre différentes ressources comme le Web et le courrier électronique. Que surgisse à notre esprit l’image d’une toile d’araignée lorsqu’on l’évoque sous le nom de « Toile » ou encore celle d’une galaxie lorsqu’on le désigne « cyberespace », Internet n’est ni plus ni moins qu’un vaste environnement constitué d’humains (internautes) et de technologies (téléphone cellulaire, navigateur Web, etc.). Un environnement qui s’apparente au monde réel par les activités qu’on peut y pratiquer : se renseigner, lire, discuter, échanger, se divertir, flirter, jouer, magasiner, écouter de la musique, visionner des extraits vidéo, flâner et parfois… commettre des délits ou en être victime. Intéressons-nous à ce qu’y font plus particulièrement les jeunes québécois en survolant les ressources les plus populaires auprès de cette clientèle.

Les descriptions ci-dessous sont tirées ou grandement inspirées des sites Réseau Éducation-Médias (devenu HabiloMédias) et Cyberaide.ca

Baladeurs numériques

Les baladeurs numériques , dont le modèle le plus populaire est l’iPod d’Apple, se présentent sous la forme d’appareils électroniques compacts dotés d’un minuscule disque dur de grande capacité (1,5 à 80 Go) sur lequel l’utilisateur stocke des fichiers audio ou vidéo afin de les lire par la suite. Le plus souvent, l’appareil sert à écouter des pièces musicales numérisées (MP3) à travers des écouteurs. Toutefois, de plus en plus d’appareils soient dotés d’un écran d’affichage qui permet d’afficher des photos ou de visionner des vidéos. Près de 50 % des jeunes Canadiens de 13 à 15 ans possédaient leur propre baladeur numérique en 2005 (Jeunes Canadiens dans un monde branché – Phase II).

L’enfant qui écoute de la musique avec son baladeur ou son iPod se coupe peut-être du monde qui l’entoure au grand dam de ses parents, mais autrement, l’appareil n’a pas vraiment de quoi inquiéter. Du point de vue des cyberdangers, par ailleurs, un phénomène appelé « baladodiffusion » (podcasting) soulève des inquiétudes.

Les balados sont en quelque sorte des émissions maison diffusées sous la forme de fichiers MP3. On peut les télécharger à la pièce ou utiliser un logiciel spécial qui permet de recevoir automatiquement par abonnement des balados sur son baladeur. Il s’agit le plus souvent de fichiers audionumériques, mais on commence à en trouver sous forme vidéo. En quoi la baladodiffusion inquiète-t-elle? Parce qu’il y a de plus en plus de balados pornographiques et que les filtres et autres outils de contrôle parental sont incapables de déterminer le contenu d’un fichier MP3. Bref, il est très difficile pour les parents de vérifier ce que leurs enfants écoutent sur leur baladeur.

Téléphone cellulaire

Qui ne trimballe pas un cellulaire se fait aujourd’hui pointer du doigt tellement cette technologie fait maintenant partie de notre quotidien. Outre la possibilité d’effectuer des appels, ces appareils proposent maintenant une multitude de fonctions : carnet d’adresses, agenda, GPS, jeux, navigation Web, messagerie texte et… photo numérique. Depuis l’ajout d’appareils photo numériques aux cellulaires, de nouveaux problèmes ont fait leur apparition. En effet, ces appareils très compacts faciles à dissimuler permettent de photographier n’importe qui à son insu et de disposer comme bon nous semble par la suite des clichés en les publiant sur le Web ou, par exemple, en les envoyant par courriel à plusieurs personnes.

Bavardoirs

Vrak.TV bavardoirLes bavardoirs – ou sites de clavardage (chat, en anglais) – sont des espaces virtuels sur Internet où des internautes se retrouvent pour discuter de sujets d’intérêt commun. Il s’agit donc de discussions interactives qui se déroulent en temps réel par écrit, c’est-à-dire par clavier interposé. Tout internaute présent dans le bavardoir peut lire ce que chacun des autres internautes écrit puisque tous les messages s’affichent simultanément sur l’écran de chaque participant. Il est également possible d’engager des conversations privées avec l’accord des interlocuteurs, ces conversations ne peuvent alors être lues que par les interlocuteurs en cause. Des participants du monde entier peuvent s’y trouver, « cachés » derrière un pseudonyme et parfois un profil dans lequel chacun raconte bien ce qu’il veut. S’il peut paraître opportun de garder un parfait anonymat, n’oublions pas qu’il en est tout autant des autres utilisateurs parmi lesquels peuvent malheureusement s’en trouver des moins bien intentionnés que d’autres.

Certains bavardoirs sont supervisés par des modérateurs humains ou par des programmes qui veillent, entre autres, à ce que le langage soit approprié. C’est toutefois le cas d’une minorité de bavardoirs, les autres étant dits « libres ».

Courrier électronique

Le courrier électronique représente l’une des plus populaires ressources d’Internet. Grâce au courriel, on peut envoyer et recevoir des messages rapidement, efficacement et à peu de frais. Un moyen bien pratique de garder le contact avec son entourage dans le rythme soutenu de la vie moderne. Sans compter que par le biais de messageries électroniques gratuites comme le sont MSN Hotmail (devenu Outlook), Yahoo! Mail ou GMail, ce contact peut s’entretenir peu importe où l’on se trouve dans le monde, à condition d’avoir accès à l’Internet depuis l’ordinateur d’une connaissance, d’un café Internet ou de son téléphone cellulaire, par exemple. Ce moyen de communication a de moins en moins la cote chez les jeunes qui préfèrent d'autres moyens de communication comme Facebook, Twitter, etc.

Vidéoconférence

Pour participer à une vidéoconférence, l’utilisateur doit disposer sur son poste d’une webcam reliée à Internet. De plus en plus populaires auprès des jeunes, ces petites caméras numériques permettent de diffuser en direct sur le Web des images vidéo. En 2005, une recherche du Réseau Éducation Médias indiquait que 22 % des élèves canadiens possédaient une webcam (31 % en 5e secondaire). Couplé aux bavardoirs et autres moyens de communication synchrone, Les webcams sont souvent au cœur d'histoires de pédophilie.

Messagerie instantanée

MSN messengerLa principale fonction de la messagerie instantanée est la possibilité de discuter en temps réel avec d’autres internautes préalablement autorisés à faire partie de notre liste de contacts. Outre discuter, les utilisateurs peuvent également s’échanger des fichiers et des courriels. Pour bénéficier d’un tel service, il suffit de s’inscrire à un réseau de messagerie instantanée et de télécharger le logiciel, le plus populaire étant MSN Messenger (service maintenant intégré à Skype). Une fois le logiciel installé, l’utilisateur crée sa propre liste de contacts. Seules les personnes faisant partie de sa liste de contacts pourront communiquer avec l’utilisateur.

La messagerie instantanée s’apparente aux bavardoirs en ce qu’elle permet des discussions interactives en temps réel avec d’autres internautes. Toutefois, contrairement aux bavardoirs, il est plus facile de savoir à qui l’on parle puisque seules les personnes figurant sur notre liste de contacts peuvent nous contacter. De plus, il est possible en tout temps de supprimer ou de bloquer un utilisateur. Ce mode de communication perd de la popularité auprès des jeunes qui ont découvert les messageries textes (SMS) et les messages directs de Facebook. On y perd l'avantage du temps réel mais on y gagne en facilité de rejoindre ses amis où qu'ils soient.

Messagerie texte

Les messages textes (textos, SMS) sont le propre des téléphones cellulaires. Ce type de messagerie permet d’envoyer de courts messages texte d’un cellulaire à l’autre. Les jeunes apprécient beaucoup l’instantanéité de cette technologie qui de plus coûte moins cher à l’utilisation qu’un appel téléphonique et permet d’envoyer des messages à plusieurs destinataires à la fois. Les textos sont en train de remplacer la messagerie instantanée aux yeux des jeunes.

Partage de fichiers

L’Office québécois de la langue française (OQLF) définit le partage de fichiers – ou poste-à-poste (peer to peer) – comme une technologie qui permet à deux ordinateurs reliés à Internet de communiquer directement l’un avec l’autre. Son principe est le suivant : l’internaute télécharge et installe un programme qui lui permet de mettre à la disposition d’autres internautes les ressources disponibles de son ordinateur ou un espace de son disque dur dans lequel il place l’ensemble des fichiers qu’il est disposé à échanger. C’est donc dire qu’on se sert directement dans le disque dur de son correspondant et qu’on peut aussi, à l’inverse, y déposer des fichiers. Les jeunes y recourent surtout pour échanger des fichiers de musique, d’émissions télévisées ou de films. Ce partage est, la plupart du temps, illégal en regard avec la loi sur le droit d'auteur.

Facebook

C'est l'étoile montante du Web. Voici comment on le définit sur Wikipedia :

« Facebook est un réseau social sur Internet permettant à toute personne possédant un compte de créer son Profil et d'y publier des informations, dont elle peut contrôler la visibilité par les autres personnes, possédant ou non un compte. L'usage de ce réseau s'étend du simple partage d'informations d'ordre privé (par le biais de photographies, liens, textes, etc) à la constitution de Pages et de Groupes visant à faire connaitre des institutions, des entreprises ou des causes variées. » 

Comme Facebook tient à la fois de la page Web, du blogue, de la messagerie et du clavardage, il regroupe plusieurs des activités prisées par les internautes d'où sa grande popularité. Malgré la possibilité de limiter la visibilité de ce qu'on y affiche, peu de jeunes (et de moins jeunes) le font. Ainsi, ils se trouvent à étaler au grand jour leurs états d'âmes, leurs photos et même leurs querelles d'amis. À leur décharge, il faut dire qu'il n'est pas facile de s'y retrouver dans la jungle des paramètres et des activités possibles sur Facebook. Facebook est devenu une source de préoccupation pour ceux que la protection de la vie privée préoccupe.

Twitter

Comme Facebook, Twitter est relativement récent. Il n'est pas encore la coqueluche des jeunes. On y trouve davantage d'adultes. Malgré tout son usage commence à se répandre chez les jeunes. Wikipédia le définit ainsi :

« Twitter est un service de microblogage, permettant aux utilisateurs de bloguer grâce à des messages courts (140 caractères maximum, soit une ou deux phrases). Outre cette concision imposée, la principale différence entre Twitter et un blog traditionnel réside dans le fait que Twitter n’invite pas les lecteurs à commenter les messages postés. »

Le slogan actuel de Twitter est « Le meilleur moyen de découvrir ce qui se passe dans le monde. » On met moins l'accent sur la diffusion de ses états d'âme et de ses activités personnelles que sur l'information en temps réel. C'est donc moins intéressant pour un adolescent.

 

Quels sont les cyberdangers?

Les cyberdangers dont il est question ci-dessous ne constituent malheureusement pas une liste exhaustive. Néanmoins, il ne faut pas s’alarmer et croire qu’on envoie les jeunes directement dans une fosse aux lions lorsqu’on leur permet d’utiliser Internet. Il est important de prendre connaissance des risques encourus par les jeunes sur le Net afin, par la suite, de leur indiquer où, de qui ou de quoi se méfier et par quels moyens. Le but ultime n’est pas de les apeurer, mais bien de les conscientiser et de les outiller afin qu’ils y naviguent de façon responsable et sécuritaire.

Dans ce qui suit, en plus de leur description, certains cyberdangers sont accompagnés de textes ou de visionnements relatant des histoires inspirées de cas vécus. Dans ces cas :

Les descriptions ci-dessous sont tirées ou grandement inspirées des sites sites Réseau Éducation-Médias (devenu HabiloMédias) et Cyberaide.ca.

Contenus violents ou haineux

Les jeunes d’aujourd’hui baignent dans une culture médiatique — cinéma, télévision, jeux vidéo et musique — où la violence est omniprésente. Selon les recherches, les contenus violents sont non seulement plus fréquents, mais aussi beaucoup plus crus, sadiques et à caractère sexuel.« Newgrounds.com » se classait (en 2005) en 5e position parmi les sites préférés des garçons de secondaire 1 à secondaire 5. 70 % pour cent des garçons du secondaire fréquentent des sites comme « gorezone.com » ou « rotten.com » qui montrent des images réelles d’accidents, de tortures ou de mutilations (2001).

Source : Réseau Éducation-Médias

Internet ajoute une nouvelle dimension au problème. On y trouve un univers de violence qui va de pages Web où règne un humour cruel typiquement adolescent à des sites qui n’hésitent pas à diffuser des images de torture et de sadisme. D’un simple clic de souris, les jeunes peuvent télécharger de la musique aux paroles très violentes (parfois censurées dans les disques vendus en magasin) ainsi que des images, des vidéoclips et des jeux en ligne tout aussi inquiétants. Par exemple, le site Newgrounds.com permet aux jeunes de voir en dessins animés des personnalités se faire humilier et tuer

Beaucoup d’adolescents considèrent ces sites comme inoffensifs, l’équivalent en ligne des films d’horreur, mais on y trouve une inquiétante combinaison de violence et de sexualité.

On trouve également toutes sortes de propos haineux sur Internet, allant du racisme fanatique à la satire cruelle de nombreux sites populaires chez les jeunes. Des sites comme Les morts de Kenny de la populaire série télévisée South Park peuvent sembler inoffensifs, mais contribuent à créer chez les jeunes une cyberculture qui considère comme acceptable la cruauté envers les autres.

On comprend facilement comment certains jeunes plus influençables peuvent passer de sites qui se moquent de l’apparence physique des autres à d'autres, plus dangereux, qui s’attaquent aux groupes ethniques minoritaires ou aux homosexuels. Les groupes haineux, comme ceux qui militent pour la suprématie de la race blanche ou l'incitation au Djihad, font de plus en plus appel à Internet pour recruter des jeunes. Ils utilisent courrier électronique et bavardoirs privés pour s’attaquer, loin des regards indiscrets, aux adolescents les plus vulnérables. Ils se servent également de chansons aux paroles haineuses pour rallier les jeunes à leur cause. Les adolescents étant continuellement à la recherche de musique sur Internet, ils peuvent facilement tomber sur des sites qui vendent ou donnent des productions à caractère haineux.

Certains sites ont même des sections spécifiquement conçues pour les jeunes alors que d’autres se donnent une apparence légitime en leur proposant des activités inoffensives et des liens vers des sites de bonne réputation pour les jeunes.

Page d'ouverture d'un site haineux sur Martin Luther King

 

Les objectifs des sites haineux ne sont pas toujours apparents à première vue. À en croire son nom, le site martinlutherking.org semblerait en toute logique consacré à la mémoire du grand leader des droits civiques aux États-Unis. En fait, c’est un site haineux de racistes blancs.

 

Cyberdépendance

Le temps que beaucoup de jeunes passent en ligne est une source de frustration pour bien des parents. Au début, ils se sont enthousiasmés pour ce nouveau média qu’ils voyaient comme un formidable univers de ressources éducatives pour leurs enfants. Mais ils se sont rapidement aperçus que les jeunes, au lieu de se servir d’Internet pour leurs recherches et travaux scolaires, passaient des heures à communiquer avec leurs amis sur Facebook ou par messagerie instantanée, à jouer à des jeux vidéo ou à parler à des inconnus dans des bavardoirs.

Les parents ont toujours trouvé difficile de maintenir un sain équilibre dans la vie de leurs enfants entre la part consacrée aux médias de divertissement et d’autres types d’activités. Internet n’a fait que leur compliquer la tâche. Le caractère fascinant des communications et des jeux interactifs sur Internet fait que beaucoup d’enfants et d’adolescents ne voient plus le temps passer quand ils sont en ligne.

Malheureusement, parents et enseignants se rendent compte du problème seulement quand il est déjà devenu sérieux. Le temps passé en ligne est facile à dissimuler, et la dépendance à Internet n’est pas encore largement reconnue par le corps médical.

Les enfants et les adolescents peuvent facilement être victime d'un « attachement maladif » aux jeux en réseau, à la messagerie instantanée, à la pornographie et aux bavardoirs. Selon un centre d’aide à la dépendance à Internet de la faculté de médecine de Harvard, « les enfants solitaires qui s’ennuient ou qui vivent dans des familles où personne ne s’occupe d’eux après l’école » sont les plus vulnérables.

Les enfants timides ou impopulaires à l’école sont souvent tentés de s’inventer une nouvelle identité dans les communautés virtuelles. Les garçons, en particulier, aiment les jeux interactifs en ligne où chaque joueur assume un personnage de son choix. Même quand ils sont des milliers à participer au même jeu dans ce qui peut apparaître comme une activité sociale, il existe un risque pour les enfants et les adolescents introvertis d’y consacrer trop de temps et de s’isoler encore plus de leurs camarades.

Cyberintimidation

Les jeunes utilisent le courriel, Facebook, les sites Web, les bavardoirs, la messagerie instantanée et les messages textes pour rester en contact avec leurs amis ou s’en faire de nouveaux. Même si la plupart de ces interactions sont positives, de plus en plus d’enfants et d’adolescents s’en servent pour intimider et harceler les autres, et pratiquer ce qu’on désigne désormais sous le terme de cyberintimidation.Lors d’un sondage mené auprès des jeunes par le Réseau Éducation-Médias (2001), 50 % des répondants ont affirmé naviguer généralement seuls sur Internet et seulement 16 % discuter souvent avec leurs parents de leurs activités en ligne.
Le sondage est sur le site du Réseau.

Les jeunes internautes ont créé leur propre univers de communications interactives souvent inconnu des adultes et peu supervisé. Les adeptes du harcèlement préfèrent bien évidemment opérer loin du regard des adultes, et la Toile est l’outil idéal pour contacter quelqu’un n’importe où et n’importe quand. Du coup, pour beaucoup de jeunes, même la maison n’est plus un refuge contre la cruauté de certains de leurs camarades d’école.

La cyberintimidation peut épouser la forme d’insultes ou de menaces directement affichées sur le mur de Facebook, d'un blogue ou envoyées à la victime par courriel ou par messagerie instantanée. La propagation de ces commentaires haineux visant une personne est très rapide et presqu'impossible à stopper une fois qu'on clique pour les envoyer.

De plus en plus de jeunes sont victimes d’intimidation par le biais de messages textes envoyés sur leur cellulaire. Ce type de téléphone échappe complètement à la surveillance des adultes. Contrairement aux ordinateurs installés dans un endroit passant à la maison, à l’école ou à la bibliothèque, les cellulaires sont totalement personnels, privés, toujours connectés et accessibles. Les jeunes les gardent généralement ouverts toute la journée et peuvent ainsi se faire harceler à l’école et jusque dans leur propre chambre.

Certains cellulaires possèdent même des appareils photo intégrés qui ajoutent une nouvelle dimension au problème. Des élèves s’en sont déjà servi pour prendre la photo d’un élève obèse dans les douches après un cours de gymnastique et, quelques minutes plus tard, la photo se retrouvait sur Facebook et circulait sur les messageries instantanées.

Histoire de cyberintimidation inspirée d'un cas vécu

L'histoire d'Arielle et de Sophie

Arielle et Sophie sont de grandes amies d’enfance. Elles ont vécu des tas de choses ensemble. À 15 ans, elles découvrent Internet et se mettent à fréquenter les bavardoirs pour rencontrer des garçons.

Cette histoire n'est plus disponible sur le site de Cyberaide, nous l'avons retrouvé sur Wayback Machine

 

Les institutions scolaires ont de la difficulté à enrayer le phénomène de la cyberintimidation, particulièrement à l’extérieur de l’école. Les enseignants peuvent généralement intervenir en cas de harcèlement ou de persécution dans la vie réelle, en classe ou dans la cour de récréation, mais l’intimidation en ligne échappe au radar des adultes, ce qui la rend difficile à repérer à l’intérieur de l’école et impossible à contrôler à l’extérieur.

Cyberprédation

Le terme cyberprédation désigne l'utilisation d'Internet pour communiquer avec des enfants et les attirer hors de chez eux dans un but sexuel. En 2008, les cas de cyberprédation rapportés sur le site canadien Cyberaide.ca comptaient pour 8,5 % des signalements, se classant au second rang des incidents les plus fréquemment rapportés. Dans la majorité des cas, les victimes étaient des adolescentes.

L’anonymat propre à Internet favorise confidences et révélations intimes, et les prédateurs s’en servent pour établir rapidement une relation de confiance avec des jeunes qui manquent encore de jugement et d’expérience.

Le cyberprédateur commence d’abord par établir un contact avec sa victime par le biais de son site Facebook, de bavardoirs, de courriels, de forums de discussion ou de messagerie instantanée. Peu à peu, il la séduit en lui manifestant beaucoup d'attention, d'affection, de gentillesse, allant jusqu’à lui offrir des cadeaux. Souvent prêt à y consacrer temps, argent et énergie, il écoute sa victime, compatit à ses problèmes, connaît ses musiques préférées, ses passe-temps et ses intérêts de l'heure. Il essaye de diminuer progressivement les inhibitions de sa victime en introduisant peu à peu des propos à caractère sexuel dans la conversation.

Histoires de cyberprédation inspirées de cas vécus

Les dangers du cyberclavardage

Un cyberprédateur se lie d’amitié avec un garçon de 14 ans et lui fait des menaces dans le but d’obtenir des faveurs sexuelles.

Histoire d'amour au royaume des illusions

Une adolescente troublée tombe amoureuse d’un homme sur Internet et s’enfuit de chez elle pour le retrouver.

Une amitié trompeuse

Un garçon de 13 ans se lie d’amitié avec un adulte sur un site de jeu sans savoir qu’il a affaire à un dangereux pédophile.

Note : Ces pages ayant disparus de leur site, nous les avons retrouvées sur Wayback Machine

 

Désinformation

Les ressources informatives et éducatives d’Internet sont immenses. Malheureusement, la Toile véhicule également une quantité d’informations douteuses et sans valeur. Dans la mesure où n’importe qui peut facilement y diffuser ses théories ou ses opinions personnelles, les internautes doivent absolument acquérir une pensée critique qui les incite à vérifier la crédibilité de l’information trouvée en ligne.Des études ont montré que 36 % des jeunes sont persuadés qu’on peut faire confiance à « la majorité des informations » trouvées sur Internet.
Source : Réseau éducation-médias

Cela s’applique particulièrement aux jeunes qui n’ont que trop tendance à penser que « si c’est sur Internet, c’est que c’est vrai ».

La désinformation sur Internet se présente sous de multiples aspects :

  • les sites haineux qui propagent des propos diffamatoires;
  • les sites commerciaux, véritables « publireportages », où les publicitaires créent des environnements à la fois informatifs et amusants dans le seul but de promouvoir leurs produits auprès d’un public cible;
  • les sites qui font la promotion et la vente d’imitations ou de produits soi-disant miracles, souvent dangereux pour la santé, comme un test maison pour déceler le virus du sida ou un prétendu médicament contre le syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS);
  • les pages Web, généralement personnelles, où n’importe qui peut publier ce qu’il veut en prétendant que c’est vrai et présenter de simples opinions comme des faits;
  • les sites « pastiches » ou parodiques, qui induisent volontairement le visiteur en erreur soit pour s’amuser ou pour des raisons politiques, ou encore pour montrer aux jeunes combien il est facile de duper les gens en ligne;
  • les canulars diffusés par courriel, qui diffusent fausses alertes aux virus informatiques, procédés bidon pour soi-disant faire fortune, légendes urbaines et alarmes sanitaires infondées.

Invasion de la vie privée

Le droit à la vie privée implique de ne pas avoir à subir d'intrusions de l'extérieur et de garder le contrôle sur ses renseignements personnels. Mais, dans le nouvel âge de l'électronique, les données personnelles sont devenues une valeur marchande et la protection de la vie privée une compétence que tout internaute a besoin de développer.

Internet facilite beaucoup la tâche à ceux qui cherchent à extirper des renseignements personnels aux jeunes. Les spécialistes du marketing en ligne encouragent ces derniers à participer à des sondages et des concours qui impliquent de remplir un formulaire d'inscription conçu pour obtenir un maximum d'informations personnelles. Même les sites de bonne réputation recueillent de l'information sur leurs visiteurs. Les jeunes en viennent donc à considérer comme normal de donner des renseignements personnels en ligne et le font sans réfléchir même dans des environnements plus dangereux. Les sites de réseautage social comme Facebook vivent grâce aux informations recueillies sur les usagers. Ces informations sont revendues aux compagnies de marketing qui s'en servent pour mieux cibler leur clientèle.

La vie privée des jeunes peut être envahie de différentes manières. C'est le cas, par exemple, quand ils :

  • remplissent des formulaires pour participer aux concours des sites Web commerciaux;
  • donnent des informations personnelles lors de leur inscription à divers services Internet ou logiciels (Facebook, messagerie instantanée, bavardoirs, partage de fichiers, etc.);
  • fournissent leur profil personnel lors de leur inscription à des comptes de courriel ou de messagerie instantanée gratuits;
  • donnent des informations les concernant à des inconnus rencontrés dans un bavardoir ou un service de messagerie instantanée.

 

Histoires d’invasion de la vie privée inspirées de cas vécus

Vedettes porno malgré elles

Trois jeunes filles prennent plaisir à publier leurs photos sur un site de clavardage et à recevoir les éloges des visiteurs. Si elles avaient su ce qui les attendait…

Les blogues et l'invasion de la vie privée

Une fille de 14 ans reçoit des avances sexuelles de la part d’un cyberprédateur de 38 ans, qui était l’un des plus fidèles lecteurs de son blogue personnel.

Note : Ces pages ayant disparus de leur site, nous les avons retrouvées sur Wayback Machine

 

Jeux de hasard

La prolifération des jeux de hasard et des sites de paris sur Internet n’a fait qu’augmenter le nombre impressionnant de jeunes qui s’adonnent au jeu. C’est devenu chez les adolescents une dépendance plus importante que la cigarette, l’alcool ou les drogues. Selon un sondage de l’Université McGill, 30 pour cent des élèves montréalais de 1re secondaire jouent à des jeux de hasard au moins une fois par semaine et les adolescents sont de deux à quatre fois plus susceptibles que les adultes de devenir des joueurs compulsifs.

Les jeunes qui maîtrisent bien les nouvelles technologies se tournent de plus en plus vers les sites Internet de jeux de hasard parce qu’ils sont faciles d’accès, pratiques et anonymes.  Un sondage mené par le Réseau Éducation-Médias en 2001 sur les activités des jeunes en ligne rapporte que deux élèves du secondaire sur dix ont déjà visité un site qui accepte des paris. Il suffit de disposer d’une carte de crédit reconnue, comme en possèdent souvent les étudiants du collégial et même certains élèves du secondaire.

Les jeunes n’ont pas à chercher longtemps pour trouver des jeux de hasard en ligne. Les casinos inondent Internet de leurs publicités, qui apparaissent sur des sites populaires auprès des adolescents et même des enfants. Beaucoup de jeunes parient sur des événements sportifs dans des sites qui classent ensuite leurs résultats par rangs et offrent des prix aux meilleurs joueurs. Ils ne sont pas considérés comme de « vrais » sites de paris parce que leurs participants ne jouent pas pour de l’argent. Il reste que c’est un apprentissage du jeu et que beaucoup de ces sites ont des liens vers de « vrais » casinos.

Pornographie

L’accès facile à la pornographie sur Internet pour les jeunes est l’une des principales inquiétudes des adultes. Des images pornographiques autrefois très difficiles à obtenir sont maintenant à la portée d’un simple clic de souris. Il faut cependant voir les choses en perspective. La pornographie en ligne n’est qu’un aspect d’un problème plus large, celui d’une société où une représentation sexualisée des jeunes sert de plus en plus à vendre tout et n’importe quoi, des parfums aux vêtements. De plus, les jeunes sont confrontés à des images sexuelles explicites aussi bien dans les jeux vidéo qu’ils affectionnent que dans les magazines qu’ils lisent ou les films et les émissions télévisées qu’ils regardent.

Plus de la moitié des jeunes Canadiens disent être déjà tombés par hasard sur des sites pornographiques :

  • en se servant d’un moteur de recherche;
  • lors d’une erreur de frappe en tapant l’adresse d’un site;
  • en cliquant sur un lien dans un courriel, une messagerie instantanée ou un bavardoir;
  • en utilisant les logiciels de partage de fichiers qui véhiculent beaucoup d’images et de vidéos pornographiques facilement accessibles.

Pourriels

Un pourriel, c’est un message inutile et importun qui aboutit dans notre boîte à lettres électronique sans qu’on l’ait sollicité. Il s’agit généralement d’une annonce publicitaire, d’un message à caractère pornographique très explicite ou d’arnaques. Il est maintenant quasi impossible d’éviter la réception de tels courriels tellement leurs rédacteurs ont perfectionné leur ruse. Alors qu’avant on parvenait facilement à les identifier grâce à leurs titres très évocateurs, aujourd’hui, ils nous parviennent sous des titres inoffensifs. Pour s’attirer la confiance du destinataire, on pousse même l’audace jusqu’à y inclure son nom! Ainsi, un jeune non avisé à qui on n’a pas appris à se méfier prendra probablement connaissance du pourriel qui peut contenir des images très explicites ou des liens vers des sites pornographiques de plus en plus « hard ».

Les cinq principaux dangers pour la sécurité des jeunes sur Internet

Ce palmarès s’appuie sur les 16 000 signalements que la population a transmis à Cyberaide.ca depuis 2005.

  1. Les délinquants sexuels qui s’immiscent dans les jeux en ligne dotés d’un module de clavardage, comme les jeux sur le Web, sur ordinateur et sur console.
  2. Les délinquants sexuels qui piratent des comptes de messagerie instantanée et qui contraignent des enfants à poser nus ou à demi vêtus et à leur envoyer les photos. Entre 2005 et 2006, les signalements de ce type ont doublé.
  3. Les délinquants sexuels qui recourent à des personnages animés en 3D communément appelés avatars pour entrer en contact avec des jeunes sur Internet.
  4. Les délinquants sexuels qui s’immiscent dans des sites de réseautage personnel qui offrent aux jeunes internautes la possibilité de tenir un journal intime et de faire de nouvelles connaissances.
  5. Les jeunes qui posent nus et qui envoient les images à leurs camarades sans penser aux risques qu’elles soient retransmises ou irréversiblement publiées sur Internet. 

 

Une invitation troublante

Un internaute tente d’inciter une fille de 11 ans au cybersexe.

Note : Cette page ayant disparue de leur site, nous l'avons retrouvée sur Wayback Machine

La cyberhonte frappe nos ados

Des jeunes du Québec s'inquiètent de voir des photos d'eux nus circuler sur Internet.

 

Quels sont les impacts sur les jeunes d'une utilisation non encadrée de l'Internet

L’apparition d’Internet dans la vie de tous les jours étant relativement récente, peu de recherches font état des impacts négatifs à court et à long terme sur le développement des enfants et adolescents exposés aux cyberdangers. Néanmoins, le rapport Protection de l’enfant et usages de l’Internet du groupe de travail préparatoire à la Conférence de la famille 2005, ainsi que les sites Réseau Éducation-Médias (devenu HabiloMédias), SaferInternet et Tel-Jeunes proposent quelques réponses. 

  • Communiquer par Internet permet aux jeunes de s’affranchir des codes et règles habituels d’échange avec les autres. L’Internet est le seul outil de communication qui entretient une très étroite proximité entre les interlocuteurs tout en maintenant la plus grande distance entre eux.
     
  • Le caractère anonyme d’Internet fait que les jeunes s’y sentent plus libres de commettre des actes qu’ils n’oseraient pas envisager dans la vie réelle. Même si on parvient à retracer leur identité, ils peuvent toujours prétendre que quelqu’un a volé leur mot de passe. Rien ne les oblige à admettre les faits. Quand il est impossible de prouver la culpabilité d’un individu, la peur du châtiment diminue de beaucoup.
  • Selon Nancy Willard, du Responsible Netizen Institute, ce type de communications à distance affecte également le comportement éthique des jeunes en les empêchant d’être directement témoins des conséquences de leurs actes sur les autres, ce qui diminue aussi de beaucoup la compassion ou le remords. Les jeunes écrivent en ligne des choses qu’ils ne diraient jamais en personne parce qu’ils se sentent loin de leur victime et des résultats de leurs attaques.
  • Pour l’association SOS Enfants Disparus « beaucoup de fugueurs se révèlent être des utilisateurs d’Internet, que ce soit par le biais de tchats ou de jeux en réseaux. » La plupart d’entre eux sont des adolescents réservés que l’anonymat du web désinhibe. Passant d’un excès à l’autre, loin de les aider, cet anonymat, selon les responsables de l’association, les isole encore plus. Le dialogue avec la famille peut alors être totalement rompu. 6 % des jeunes fugueurs sont des filles quittant le foyer familial après avoir été en contact avec quelqu’un sur le net. Dans la majorité des dossiers traités par l’association, le correspondant se révèle être un majeur. SOS Enfants Disparus estime que dans ces cas les parents s’avèrent n’avoir eu « aucun contrôle sur l’utilisation d’Internet par leur enfant. » 
  • L’absence des parents auprès de l’enfant dans sa découverte de l’Internet peut avoir des conséquences sur l’appréhension du réel et sa différenciation avec le virtuel. Selon Patrice Huerre, psychiatre, expert auprès de la Cour d’appel de Paris, cela dépend beaucoup de « l’accompagnement de l’enfant par ses parents dès le début de la vie. Il est essentiel d’apprendre à l’enfant la différence entre réalité et fantasme, même s’il importe de préserver ses capacités d’imagination. »
  • Impossible de l’ignorer : le soleil ne se couche jamais sur la planète Internet. L’internaute peut facilement se laisser emporter jusqu’à en oublier les repères temporels traditionnels. Les jeunes internautes, pour une grande part, admettent passer plus de temps sur le net qu’ils ne l’auraient pensé, particulièrement s’ils surfent en l’absence des parents. Par ailleurs, 1 à 3 % des internautes souffriraient d’addiction à l’Internet ou aux jeux en réseau. Si l’estimation reste modeste, elle ne doit pas faire oublier la détresse de ceux qui en souffrent.
  • Les adolescents, en particulier les garçons, ont toujours éprouvé une curiosité naturelle pour la pornographie, peut-on lire sur le Réseau Éducation-Médias. La chose n’a rien de nouveau. Ce qui l’est, par contre, c’est l’accès facile que procure Internet à des contenus sexuels déviants ou violents qui peuvent avoir une influence sur leur conception future de la sexualité et des relations humaines.
  • Selon Safer Internet, la confrontation de jeunes enfants à des images pornographiques peut avoir pour effet de créer de véritables peurs ou angoisses, en particulier chez les plus petits. Certains enfants peuvent essayer de reproduire ce qu'ils ont vu à l'écran. D'autres enfin, peuvent considérer l'accès à ces images comme la transgression d'un interdit semblable à la réalisation d'un exploit. Une fois cet exploit réalisé, ils passent à autre chose. Les conséquences de la facilité d'accès aux images pornographiques sont diverses pour les mineurs et dépendent de l'âge de ceux-ci.

Le centre d’aide à la dépendance à Internet de la Faculté de médecine de Harvard a identifié un certain nombre de symptômes de dépendance :

  • Sentiment de bien-être et d’euphorie à naviguer sur Internet
  • Incapacité de s’arrêter
  • Besoin d’augmenter de plus en plus le temps consacré à Internet
  • Manque de temps pour la famille et les amis
  • Sentiment de vide, de dépression, et irritabilité quand privé d’un ordinateur
  • Mensonges sur ses activités à la famille ou aux amis
  • Problèmes à l’école ou au travail
  • Syndrome du tunnel carpien
  • Sécheresse des yeux
  • Maux de tête migraineux
  • Maux de dos
  • Repas irréguliers ou sautés
  • Mauvaise hygiène personnelle
  • Insomnies ou changements dans le cycle du sommeil 
  •  Les jeux de hasard et d'argent risquent de créer une dépendance au jeu. Tel-jeunes décrit ainsi les conséquences négatives d’une dépendance au jeu :
    • problèmes financiers
    • conflits dans les relations sociales et familiales
    • faible estime de soi
    • isolement
    • criminalité ;
    • mensonge, tricherie
    • difficultés à l'école
    • problèmes de santé physique et mentale.
  • Les conséquences possibles de la cyberintimidation pour la victime sont :
    • sentiment de rejet
    • faible estime de soi
    • faibles notes à l’école
    • isolement, mutisme
    • agressivité, nervosité, larme à l’œil
    • peur ou refus d’aller à l’école
    • humiliation, déprime
    • anxiété.
  • Une recherche du Réseau Éducation-Médias sur les effets de la violence dans les médias (dont l’Internet) fait mention des conséquences suivantes :
    • les enfants qui consomment des contenus médiatiques d'une grande violence sont plus susceptibles de devenir agressifs
    • les enfants qui regardent des contenus médiatiques violents risquent d'avoir des comportements agressifs à l'âge adulte
    • la violence dans les médias éveille chez certains enfants des sentiments de peur
    • la violence dans les médias rend insensible à la véritable violence
    • les grands consommateurs de violence dans les médias ont tendance à croire le monde beaucoup plus dangereux qu'il ne l'est.

 

Comment aider les jeunes à circuler sur Internet

L’éducation des jeunes à l’Internet passe d’abord et avant tout par les parents. Les premières expériences de l’enfant avec les technologies de l’information et de la communication se vivent de plus en plus tôt et la plupart du temps à la maison. Il est primordial que les parents s’investissent dans cet apprentissage même s’ils se sentent parfois dépassés. Superviser les activités sur l’Internet de son enfant en l’accompagnant, en le guidant et en s’intéressant à ce qu’il y fait et aux personnes qu’il y « rencontre » contribue grandement à protéger son enfant. Les nombreux guides et conseils à l’intention des parents prodigués par les sites qui se consacrent à la sécurité des jeunes sur l’Internet confirment l’envergure du rôle parental.

La supervision parentale sur Internet est, de loin, le meilleur type de prévention.

Réseau Éducation-Médias

Les quelques propositions suivantes peuvent servir de point de départ aux parents. Elles peuvent aussi aider les enseignants à guider leurs élèves des écoles primaires et secondaires.

 

Outils pour les parents/Sécurité dans Internet

Parentalité à l’ère du numérique (La)

Facebook : 10 règles essentielles pour protéger ses données privées

On reconnaît à l’école un rôle de première importance en ce qui concerne le développement de l’esprit critique des jeunes afin que leur expérience en ligne soit à la fois enrichissante et sécuritaire. Le Programme de formation de l’école québécoise en tient d’ailleurs compte à travers la compétence transversale Exploiter les technologies de l’information et de la communication et le domaine général de formation Médias.

Mais qui dit enseignant ne dit pas nécessairement expert en TIC! Heureusement, il existe différentes ressources pour aider les enseignants à parfaire leurs connaissances ou à orienter leurs interventions préventives auprès des jeunes.

Soyez au fait

Parcourez la webographie commentée du présent dossier puis adoptez deux ou trois sites que vous visiterez régulièrement afin de vous informer et de le rester. L’Internet et ses dérivés technologiques évoluent rapidement. Ainsi en est-il des cyberdangers. À preuve, l’adjonction récente de minuscules appareils photos ou caméras sur les téléphones cellulaires – dont raffolent les adolescents – a fait apparaître une nouvelle menace tant pour les élèves que pour les enseignants qui risquent non seulement d’être « immortalisés » à leur insu, mais également de voir ces images diffusées à la vitesse de l’éclair par le biais de sites Internet ou de courriels envoyés à plusieurs destinataires. Facebook regorge de ces photos prises avec un téléphone cellulaire.

Séparez le bon grain de l'ivraie

Ce n’est pas parce que c’est sur Internet que c’est fiable! Même des sites à l’apparence professionnelle peuvent s’avérer des trompe-l’œil. Apprenez vous même à évaluer la crédibilité d’un site pour ensuite transmettre ces précieuses connaissances à vos élèves. À cet effet, des ressources en ligne comme Les 6 questions du cyberespace et Au-delà des faits! pourraient vous être utiles.

D’autre part, sachez qu’il existe déjà sur Internet des moteurs de recherche et répertoires reconnus pour les jeunes ou leurs enseignants, dont celui de Carrefour éducation qui recèle des ressources didactiques validées et commentées ou ceux recommandés par WebAverti.

Développez vos compétences d'accompagnateur

Évitez de vous attaquer à l’ensemble des cyberdangers ou des moyens de prévention. Il vaut mieux n’en cibler qu’un à la fois, selon les besoins particuliers de votre groupe d’élèves ou les événements qui font la manchette. Une fois ce besoin identifié, parcourez les sites de la webographie commentée ou d’autres sites à la recherche d’informations et de ressources.

Dressez votre propre liste de signets liés à ce sujet :

  • site informatif pour l’enseignant
  • site informatif pour l’élève
  • scénario pédagogique
  • activité en ligne pour l’élève
  • témoignages, cas vécus, faits tirés de l’actualité, etc.

Laissez-vous guider par les conseils aux enseignants qui y sont prodigués afin de monter votre propre séquence pédagogique en fonction de l’âge de vos élèves, de votre degré d’habileté avec le sujet et du temps dont vous disposez. Sécurité dans Internet prodigue des conseils fort pertinents aux éducateurs qui s’apprêtent à tenir un atelier concernant la sécurité sur Internet.

Ceux et celles qui souhaitent se perfectionner se renseigneront auprès de leur RÉCIT local ou des conseillers pédagogiques de leur commission scolaire. Visitez également le catalogue des ressources éducatives du Réseau Éducation-Médias (devenu HabiloMédias).

Passez à l'action

Profitez des nombreuses activités pédagogiques ou des jeux éducatifs offerts en ligne pour informer vos élèves et développer leur esprit critique. Sur les nombreux sites qui se consacrent à la sécurité des jeunes sur Internet, ces ressources se trouvent généralement sous un lien dédié aux enseignants ou aux écoles.

Invitez en classe des spécialistes de la sécurité sur Internet qui viendront s’adresser aux élèves. Les conseillers pédagogiques en NTIC de votre commission scolaire ou votre RÉCIT local sauront vous aiguiller à ce sujet.

Enfin, pensez à sensibiliser également les parents intéressés. Pourquoi ne pas organiser à leur intention une soirée informative sur les grandes questions liées à l’utilisation d’Internet. Trop de parents n’y sont pas encore sensibilisés.

 

Webographie commentée

 

Clicksafe
Enfants    Adolescents    Parents    Enseignants
Informations utiles et conseils pratiques pour enfants, adolescents, parents ou professeurs concernant le Net.

Cyberaide.ca
Enfants   Adolescents     Parents   Enseignants
Service pancanadien de signalement d’enfants exploités sexuellement sur Internet.

Cybercriminalité/Sûreté du Québec
Général
Le Module de la cybersurveillance et de la vigie (MCV) de la Sûreté du Québec offre sur ce site, entre autres, des capsules informatives concernant la sécurité sur Internet.

Enfants avertis
Enfants   Adolescents   Parents   Enseignants
Enfants avertis est un programme de prévention qui amène l'enfant à se prendre en charge et à se protéger contre les agressions. Des activités sont offertes pour chaque niveau scolaire.

Guide des droits sur Internet

Enfants   Adolescents   Parents   Enseignants
Site d'information sur le droit et les lois afin d'apprivoiser Internet en toute confiance.

Sécurité dans Internet
Enfants    Adolescents    Parents     Enseignants
Une panoplie d'outils tels que des conseils de sécurité, des présentations, des jeux pour les enfants, ainsi que des liens donnant accès à des ressources approuvées par la police, qui aident les enfants et les parents à naviguer sur le réseau en toute sécurité.

Internet sans crainte
Enfants    Adolescents   Parents    Enseignants
Offre des outils d’information et de sensibilisation aux enfants de 7 à 12 ans, à leurs éducateurs et parents ainsi qu’aux webmestres.

Intimidation/Tel-jeunes
Enfants   Adolescents   Parents   Enseignants 
Un dossier de Tel-jeunes qui définit l’intimidation et le taxage, en cerne les conséquences et propose des pistes d’intervention aux parents et enseignants.

Permis de bonne conduite sur Internet (Le)
Enfants     Adolescents    Parents     Enseignants
Quizz qui permet aux internautes de vérifier s’ils sont prudents et avisés.

Protection des mineurs sur Internet
Enfants    Adolescents   Parents   Enseignants
Site de signalement de comportements illicites pour lutter contre la pédophilie. Parents et enfants y trouveront des conseils judicieux pour se protéger.

HabiloMédias
Enfants   Adolescents    Parents   Enseignants
Enseignants et parents y trouveront une vaste gamme de ressources pour aider à développer l'esprit critique des jeunes à l'égard des médias.

Conseil canadien de la sécurité

Enfants   Adolescents   Parents    Enseignants
Organisme non gouvernemental et sans but lucratif qui se dévoue à la promotion de la sécurité.

Surfer malin avec Doug/Disney Online
Enfants    Adolescents    Parents     Enseignants
Une histoire interactive pour apprendre à connaître les risques sur le réseau, des conseils de prudence, une cybercharte, une bande dessinée humoristique pour apprendre la cyberétiquette et un guide de sécurité à l'usage des parents.

WebAverti
Enfants    Adolescents    Parents     Enseignants
Vous trouverez sur ce site les outils nécessaires pour aider vos enfants à naviguer en toute sécurité.