Quels sont les impacts sur les jeunes d'une utilisation non encadrée de l'Internet

Quels sont les impacts sur les jeunes d'une utilisation non encadrée de l'Internet

L’apparition d’Internet dans la vie de tous les jours étant relativement récente, peu de recherches font état des impacts négatifs à court et à long terme sur le développement des enfants et adolescents exposés aux cyberdangers. Néanmoins, le rapport Protection de l’enfant et usages de l’Internet du groupe de travail préparatoire à la Conférence de la famille 2005, ainsi que les sites Réseau Éducation-Médias (devenu HabiloMédias), SaferInternet et Tel-Jeunes proposent quelques réponses. 

  • Communiquer par Internet permet aux jeunes de s’affranchir des codes et règles habituels d’échange avec les autres. L’Internet est le seul outil de communication qui entretient une très étroite proximité entre les interlocuteurs tout en maintenant la plus grande distance entre eux.
     
  • Le caractère anonyme d’Internet fait que les jeunes s’y sentent plus libres de commettre des actes qu’ils n’oseraient pas envisager dans la vie réelle. Même si on parvient à retracer leur identité, ils peuvent toujours prétendre que quelqu’un a volé leur mot de passe. Rien ne les oblige à admettre les faits. Quand il est impossible de prouver la culpabilité d’un individu, la peur du châtiment diminue de beaucoup.
  • Selon Nancy Willard, du Responsible Netizen Institute, ce type de communications à distance affecte également le comportement éthique des jeunes en les empêchant d’être directement témoins des conséquences de leurs actes sur les autres, ce qui diminue aussi de beaucoup la compassion ou le remords. Les jeunes écrivent en ligne des choses qu’ils ne diraient jamais en personne parce qu’ils se sentent loin de leur victime et des résultats de leurs attaques.
  • Pour l’association SOS Enfants Disparus « beaucoup de fugueurs se révèlent être des utilisateurs d’Internet, que ce soit par le biais de tchats ou de jeux en réseaux. » La plupart d’entre eux sont des adolescents réservés que l’anonymat du web désinhibe. Passant d’un excès à l’autre, loin de les aider, cet anonymat, selon les responsables de l’association, les isole encore plus. Le dialogue avec la famille peut alors être totalement rompu. 6 % des jeunes fugueurs sont des filles quittant le foyer familial après avoir été en contact avec quelqu’un sur le net. Dans la majorité des dossiers traités par l’association, le correspondant se révèle être un majeur. SOS Enfants Disparus estime que dans ces cas les parents s’avèrent n’avoir eu « aucun contrôle sur l’utilisation d’Internet par leur enfant. » 
  • L’absence des parents auprès de l’enfant dans sa découverte de l’Internet peut avoir des conséquences sur l’appréhension du réel et sa différenciation avec le virtuel. Selon Patrice Huerre, psychiatre, expert auprès de la Cour d’appel de Paris, cela dépend beaucoup de « l’accompagnement de l’enfant par ses parents dès le début de la vie. Il est essentiel d’apprendre à l’enfant la différence entre réalité et fantasme, même s’il importe de préserver ses capacités d’imagination. »
  • Impossible de l’ignorer : le soleil ne se couche jamais sur la planète Internet. L’internaute peut facilement se laisser emporter jusqu’à en oublier les repères temporels traditionnels. Les jeunes internautes, pour une grande part, admettent passer plus de temps sur le net qu’ils ne l’auraient pensé, particulièrement s’ils surfent en l’absence des parents. Par ailleurs, 1 à 3 % des internautes souffriraient d’addiction à l’Internet ou aux jeux en réseau. Si l’estimation reste modeste, elle ne doit pas faire oublier la détresse de ceux qui en souffrent.
  • Les adolescents, en particulier les garçons, ont toujours éprouvé une curiosité naturelle pour la pornographie, peut-on lire sur le Réseau Éducation-Médias. La chose n’a rien de nouveau. Ce qui l’est, par contre, c’est l’accès facile que procure Internet à des contenus sexuels déviants ou violents qui peuvent avoir une influence sur leur conception future de la sexualité et des relations humaines.
  • Selon Safer Internet, la confrontation de jeunes enfants à des images pornographiques peut avoir pour effet de créer de véritables peurs ou angoisses, en particulier chez les plus petits. Certains enfants peuvent essayer de reproduire ce qu'ils ont vu à l'écran. D'autres enfin, peuvent considérer l'accès à ces images comme la transgression d'un interdit semblable à la réalisation d'un exploit. Une fois cet exploit réalisé, ils passent à autre chose. Les conséquences de la facilité d'accès aux images pornographiques sont diverses pour les mineurs et dépendent de l'âge de ceux-ci.

Le centre d’aide à la dépendance à Internet de la Faculté de médecine de Harvard a identifié un certain nombre de symptômes de dépendance :

  • Sentiment de bien-être et d’euphorie à naviguer sur Internet
  • Incapacité de s’arrêter
  • Besoin d’augmenter de plus en plus le temps consacré à Internet
  • Manque de temps pour la famille et les amis
  • Sentiment de vide, de dépression, et irritabilité quand privé d’un ordinateur
  • Mensonges sur ses activités à la famille ou aux amis
  • Problèmes à l’école ou au travail
  • Syndrome du tunnel carpien
  • Sécheresse des yeux
  • Maux de tête migraineux
  • Maux de dos
  • Repas irréguliers ou sautés
  • Mauvaise hygiène personnelle
  • Insomnies ou changements dans le cycle du sommeil 
  •  Les jeux de hasard et d'argent risquent de créer une dépendance au jeu. Tel-jeunes décrit ainsi les conséquences négatives d’une dépendance au jeu :
    • problèmes financiers
    • conflits dans les relations sociales et familiales
    • faible estime de soi
    • isolement
    • criminalité ;
    • mensonge, tricherie
    • difficultés à l'école
    • problèmes de santé physique et mentale.
  • Les conséquences possibles de la cyberintimidation pour la victime sont :
    • sentiment de rejet
    • faible estime de soi
    • faibles notes à l’école
    • isolement, mutisme
    • agressivité, nervosité, larme à l’œil
    • peur ou refus d’aller à l’école
    • humiliation, déprime
    • anxiété.
  • Une recherche du Réseau Éducation-Médias sur les effets de la violence dans les médias (dont l’Internet) fait mention des conséquences suivantes :
    • les enfants qui consomment des contenus médiatiques d'une grande violence sont plus susceptibles de devenir agressifs
    • les enfants qui regardent des contenus médiatiques violents risquent d'avoir des comportements agressifs à l'âge adulte
    • la violence dans les médias éveille chez certains enfants des sentiments de peur
    • la violence dans les médias rend insensible à la véritable violence
    • les grands consommateurs de violence dans les médias ont tendance à croire le monde beaucoup plus dangereux qu'il ne l'est.