Portrait actuel au Québec : données factuelles et état des lieux

Portrait actuel au Québec : données factuelles et état des lieux

Les données les plus fiables et les plus récentes sur le taux de diplomation proviennent de Statistique Canada. En 2016-2017, le taux d’obtention du diplôme d’études secondaires (DES) à temps était de 75 % au Québec (69 % chez les garçons et 80% chez les filles). En regardant le taux d’obtention du diplôme d’études secondaires à temps prolongé (jusqu’à deux ans de plus), celui-ci grimpe à 83 % (78 % chez les garçons et 90 % chez les filles).

Objectivement, ces taux sont toujours parmi les plus bas au Canada; la moyenne canadienne étant de 80 % pour le taux d’obtention du DES à temps et de 89 % à temps prolongé. Cependant, on note une constante hausse du taux de diplomation au Québec, ce qui démontre que la situation s’améliore. Il est possible de consulter l’ensemble des statistiques par province sur le site web de Statistique Canada.

Importante précision ici : bien que les jeunes Québécois puissent paraître comme des derniers de classe lorsqu’on regarde simplement les chiffres, Frédéric Guay, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en motivation, persévérance et réussite scolaires et professeur à l’Université Laval apporte un bémol : le taux de diplomation ne dit pas tout sur nos élèves québécois. Ainsi, d’autres éléments doivent être pris en considération avant de se désoler face aux statistiques canadiennes. 

réunionD’abord, ailleurs au pays, obtenir un DES requière six ans d’études, en temps normal, contre cinq au Québec. De plus, la note de passage est de 50 % (et non de 60 % comme au Québec). Le taux de réussite peut alors être perçu comme supérieur dans ces provinces en raison de ces deux variables. 

« Il faut faire très attention aux comparaisons. Dans l’état actuel, cette différence fait en sorte qu’on ne compare pas adéquatement les élèves d’une province à l’autre. Éventuellement, il faudrait viser l’équivalence entre les provinces afin que les chiffres soient représentatifs », croit M. Guay. 

Même Statistique Canada émet un avertissement sur son site web : « Les cheminements scolaires, les notes de passage et les exigences relatives aux matières et les groupes d’élèves à l’étude peuvent varier d’une province à l’autre ». 

Ensuite, il ne faut pas confondre taux de diplomation plus faible avec mauvaise performance académique. « Les élèves québécois performent toujours très bien aux enquêtes internationales, comme le PISA, et souvent même mieux que les autres élèves canadiens. Il est donc permis de se demander si nous sommes plus exigeants que les autres provinces. Pas pour baisser les standards mais pour au moins en être conscient avant de comparer sans se poser d’autres questions », fait remarquer le professeur Guay. 

En complément :

« Non, le Québec n’a pas le pire système d’éducation », Francis Vailles, 10 juin 2020, La Presse

« Bonnes et mauvaises nouvelles sur le décrochage », Francis Vailles, 24 janvier 2020, La Presse