La réalité virtuelle au service de l’école du 21e siècle

La réalité virtuelle au service de l’école du 21e siècle

Qu’en dit la recherche?

Au moment où ce dossier a été préparé, encore très peu d’études scientifiques concernant la RV en milieu scolaire étaient à l’étape de publication.

Comme la RV n’est démocratisée dans les écoles que depuis trois ans et que sortir une étude complète peut prendre au-delà de ces trois ans, il est tout à fait normal que peu de données soient disponibles pour l’instant.

Dans le même ordre d’idées, un chercheur de l’Université de Montréal, Normand Roy, entamera prochainement une recherche-action avec trois groupes d’élèves de première à cinquième année du secondaire qui seront mis en action pendant trois ans en utilisant des technologies différentes, et ce, dans trois domaines d’apprentissages distincts (ÉCR, univers social et sciences). L’objectif est d’observer et de mesurer la motivation, l’engagement, le potentiel et les apprentissages liés aux situations d’apprentissage qui seront vécues dans différents contextes technologiques.

En attendant, malgré bon nombre d’études de cas et de récits d’expérimentation d’enseignants et de conseillers pédagogiques, nous n’avons pas de réels devis comparatifs qui viendraient confirmer ou infirmer les promesses de la réalité virtuelle.

Ceci étant dit, les expérimentations scolaires vont bon train et de plus en plus d’initiatives laissent poindre beaucoup d’avantages à utiliser la réalité virtuelle comme soutien à l’apprentissage.

Ce n’est qu’une question de temps avant que des données probantes viennent appuyer les démarches déjà entamées par les enseignants qui ont commencé à tirer profit d’une technologie qui ouvre un nouveau monde de possibilités.

Promesses de la réalité virtuelle

Toutes ces possibilités permettent donc de faire tomber les murs de la classe et donnent de multiples occasions aux apprenants de développer des compétences; dans les champs disciplinaires, d’une part, et avec le numérique, d’autre part. Nous verrons, dans la prochaine section, qu’autant l’univers social, les sciences, l’éthique et culture religieuse (ÉCR), les langues et les mathématiques peuvent bénéficier de la RV, tout en facilitant le développement de la compétence numérique par l’entremise d’une ou plusieurs de ses dimensions. Parce que l’école du 21e siècle est active, responsable, branchée, critique et éthique, la réalité virtuelle se met au service d’une tonne de facteurs qui peuvent influencer les apprenants à devenir de meilleurs citoyens à l’ère du numérique.

Voici donc quelques-unes des hypothèses en ce sens, inspirées de Boudreau, 2018

  • la RV permet de mettre en scène des expériences émotives visant un apprentissage réflexif (exemple : vivre une catastrophe naturelle en RV pour ensuite réfléchir sur les nombreux impacts qui en découlent);

  • la RV accroît la motivation (apprenants actifs, engagés dans la tâche, plus enclins à atteindre l’intention pédagogique);

  • la RV développe l’empathie (exemple : des élèves s’étant mis « dans la peau » de réfugiés syriens à l’aide d’une application de RV  se sont montrés plus empathiques que d’autres ayant visionné le même contenu sur un média plus traditionnel);

  • la RV permet l’immersion et l’expérimentation dans des situations réelles ou simulées d’intervention ou d’exploration difficiles à vivre dans la réalité (exemple : visite de lieux historiques dans divers pays ou d’endroits plus dangereux comme un océan rempli de requins);

  • la RV facilite l’apprentissage et la réflexion sur des éléments reliés entre eux dans l’espace (favorise l’apprentissage par la manipulation, par la pratique de mouvements);

  • la RV favorise la similarité entre le contexte d’apprentissage et le contexte de pratique et laisse donc présager un meilleur transfert (la simulation de lieux ou d’objets réels permet une meilleure rétention de l’information que sur un écran ou une feuille).

En résumé, la RV permettrait une hausse de la motivation, de l’engagement, de l’impact émotionnel, de la compréhension spatiale, de la mémorisation d’éléments, de la rétention de l’information et des apprentissages physiques nécessitant de la pratique.

Des acteurs pour s’inspirer

Compte tenu de ce qui précède et en guise de complément, nous vous invitons à écouter ces rendez-vous pédagogiques de l’École branchée qui traitent de réalité virtuelle en contexte d’apprentissage :

  • Alexandre Chenette, conseiller pédagogique au Service national du RÉCIT du développement de la personne, qui parle du potentiel pédagogique de la réalité virtuelle en classe;

  • Dominic Guay, enseignant de 5e année à l’école des Pionniers, qui présente les projets en réalité virtuelle réalisés par ses élèves à l’aide de Google Expéditions;

  • Chantal Rivard, qui était conseillère pédagogique au Collège Beaubois et chargée de cours à l’Université de Montréal en didactique de l’univers social au moment de l’entrevue, qui fait état de plusieurs pistes d’exploitation pédagogique de la RV;

  • Claude Frenette,  qui était conseiller pédagogique au RÉCIT de l’enseignement privé au moment de l’entrevue, parle de l’importance de mettre les élèves en contexte de création et non seulement de consommation de la RV et RA.