Quelques raisons de vouloir être enseignant-influenceur

Quelques raisons de vouloir être enseignant-influenceur

Pour collaborer entre professionnels de l’éducation

Plusieurs enseignants-influenceurs partagent des idées d’activités, du matériel pédagogique et des conseils professionnels sur les médias sociaux. 

Par exemple :

Ces enseignants aident ainsi leurs collègues dans leur développement professionnel continu. C’est une approche complémentaire aux journées pédagogiques, aux colloques, aux ateliers, aux webinaires, etc. Il est particulièrement sain que l’enseignant-influenceur souligne souvent l’importance d’adapter ce qu’il propose à la réalité de chaque milieu. L’arrogance éducative n’est donc pas une caractéristique des enseignants-influenceurs québécois qui ont été observés dans le cadre de ce dossier. En effet, ils expliquent avec humilité et enthousiasme ce qu’ils font en classe, tout en notant les avantages et les défis rencontrés.

Parallèlement, on note aussi une tendance à la collaboration entre certains enseignants-influenceurs qui s’invitent dans leurs capsules vidéo pour présenter du contenu ensemble ou commenter publiquement les productions de chacun. C’est le cas, par exemple, dans cette capsule de Marydotcom et de Trois filles et l’enseignement autrement.

Enfin, certains participent à une réflexion collective sur des problématiques rencontrées par plusieurs enseignants, comme l’a fait Pierre Gagnon avec sa baladodiffusion sur la question des enfants qui partent en voyage en pleine période scolaire et la gestion des demandes des parents que cela entraîne.

Pour militer

Avatar sur le compte Facebook officiel

Jonathan Le Prof représente un bon exemple de l’approche militante (ou engagée) à des fins éducatives. Il partage régulièrement des informations sur la protection de l’environnement et invite ses (nombreux!) abonnés à améliorer leurs habitudes de consommation ou à poser des gestes concrets. Pareille approche pourrait être utilisée pour parler de la santé des élèves, notamment pour contrer les problèmes liés à l’obésité. Dans ce cas, des enseignants-influenceurs en éducation physique et à la santé seraient bien placés pour encourager les élèves à se tenir en forme.

Pour divertir

Bien que les humoristes québécois utilisent souvent des anecdotes tirées de l’éducation pour faire rire leur public, il reste que la grande majorité d’entre eux n’a jamais œuvré dans ce milieu. Ce sont principalement des réflexions humoristiques élaborées selon un point de vue d’apprenant, datant souvent de leurs propres années d’études. De même, certains élèves youtubeurs présentent aussi un humour au sujet de l’éducation, mais encore du point de vue des apprenants. Il serait donc complémentaire que des enseignants-influenceurs se permettent de divertir le public tout en restant dans les frontières du bon goût et de l’éthique professionnelle.

C’est un peu ce qu’a fait Jonathan Le Prof avec ses sketchs produits en collaboration avec ses élèves. De leur côté, Trois filles et l’enseignement autrement utilisent souvent l’humour dans leurs vidéos et ont même produit des bloopers. Pour leur part, certaines écoles québécoises, comme le Collège Citoyen, le Collège Esther-Blondin et le Collège Sainte-Anne ont diffusé des sketchs de « jokes de profs », inspirés des populaires « jokes de papas », où elles font participer leurs enseignants. Bref, il existe un espace pour que des enseignants-influenceurs deviennent des « édumoristes ».

Pour valoriser sa profession

La profession enseignante fait trop souvent les manchettes pour des raisons négatives. En effet, les réussites et la routine scolaires n’offrent pas autant d’attraits pour les médias ni pour la population en général. Il importe donc que des enseignants-influenceurs expliquent clairement leur réalité professionnelle face aux mythes scolaires, par exemple en rétablissant les faits à l’égard des vacances d’été et des journées pédagogiques, ce qu’ont justement fait avec humour Trois filles et l’enseignement autrement. Il importe aussi de ne pas attendre que les médias traditionnels viennent consulter les enseignants pour souligner leurs bons coups. Vaut mieux être proactif, comme Marydotcom et Trois filles et l’enseignement autrement l’ont fait ensemble dans leur vidéo Nos fiertés de prof.


Source : GIPHY

Pour favoriser le recrutement de nouveaux enseignants ou de suppléants

Alors que le Québec traverse une pénurie d’enseignants, plusieurs commissions scolaires se tournent vers la suppléance pour colmater les brèches. Certaines personnes engagées pour cela n’ont pas de formation en enseignement. Voilà donc une occasion pour des enseignants-influenceurs de leur expliquer comment ils doivent se préparer pour faire de la suppléance. 

On retrouve justement plusieurs vidéos à ce sujet :

Les commissions scolaires pourraient utiliser de telles vidéos pour accompagner l’affichage de suppléances sur leur site Web. C’est beaucoup plus concret qu’un texte qui explique à quoi s’attendre. C’est aussi utile pour préparer les futurs enseignants.